Nouvelle : Un justicier dans la nuit



Avis à ceux qui accordent une importance excessive à l’intervention du hasard. Ce récit fait partie du Hamlinverse. Ainsi, les personnages, les situations et les noms étant le produit de mon imagination, toute ressemblance avec des personnes, des situations et des noms existants, ou ayant existé, ne saurait être que pure coïncidence.



 

 

Un justicier dans la nuit

 

 

23h20 – 09 octobre 2006

Devant le Repaire de la Milice, 3rd Street, Devil’s Grin

North Side, Hamlin, Comté de Nashoba, Nebraska, Etats-Unis¹

 

 

Attends… Sérieux, Ross ? Ça doit faire au moins ta sixième depuis tout à l’heure ! Désapprouva Howard en prenant place sur le siège passager, après avoir claqué la portière derrière lui.

 

Ross tira une grande taffe de sa cigarette puis répliqua, sur un ton cynique :

 

T’y es pas du tout, c’est juste la septième. Est-ce que je suis là, à te juger sur tes goûts alimentaires, moi ? Hmm ??

 

Il était en train de désigner le sandwich enroulé et dégoulinant « d’on ne sait quoi » que tenait bien maladroitement celui qui avait été baptisé Howard.

 

Hé… C’est pas de ma faute si tu passes constamment à côté des bonnes choses ! Dit-il avant de le croquer à pleine dents. Les tacos, c’est la vie putain !

 

Ross regardait l’énergumène mâcher son en-cas et remplir ses joues de hamster, non sans une grimace de dégoût. Il se demanda alors comment il faisait pour encaisser autant de nourriture, lui dont la constitution laissait à désirer. Au rythme où il mangeait, et il fallait le voir pour y croire, Howard aurait bientôt terminé avant qu’il n’ait pu jeter son mégot.

 


 

¹. Comme d’habitude, je donne la localisation précise de l’endroit où se déroule l’action. Ici, dans un souci de réalisme, j’ai pris soin de rajouter la rue, le quartier (Devil’s Grin) ainsi que le secteur/district (North Side). Car l’urbanisme est très subdivisé aux Etats-Unis.

 


 

Le meilleur, c’est toujours la sauce ! Ajouta-t-il, la bouche recouverte de salsa mexicaine. Tu veux goûter ?

 

Il lui tendit le morceau qu’il restait, ce que l’homme assis sur le siège conducteur refusa d’un geste de la main. Howard haussa les épaules et l’engloutit aussi rapidement qu’il l’avait proposé.

 

Je te jure que si t’as sali la bagnole, tu vas me la récurer ! L’avertit Ross, qui tenait beaucoup à sa Dodge Challenger 1974 de couleur bleue.

 

Howard s’essuya la bouche avec son vieux mouchoir de poche à damiers, tout en roulant des yeux, puis répliqua presque immédiatement :

 

Tu sais, frérot… Parfois, j’ai l’impression que tu préfères ta voiture à moi. Je t’avoue que c’est assez vexant.

C’est seulement maintenant que tu t’en rends compte ? Lâcha Ross, ravi de pouvoir taquiner son petit frère.

Espèce d’enfoiré va !

 

Le cadet donna une poussette à l’aîné et les deux hommes se mirent à rire ensemble. L’ambiance retomba aussitôt ; le visage de Ross redevint grave, comme s’il assistait à un enterrement.

 

D’ailleurs, dis-moi… Pourquoi tu conduis cette caisse alors qu’on est censé être en planque, là tout de suite ? S’interrogea Howard. Parce qu’on afficherait un néon au-dessus de nos têtes qu’on serait limite moins visibles.

Haha ! C’est vrai que tu débutes. Se contenta-t-il de lui répondre, légèrement amusé. Observe, tu ne devrais pas tarder à comprendre.

 

En effet, Howard était encore un novice dans le métier. Il venait à peine de rejoindre les rangs de la police tandis que Ross, de son côté, s’avérait être une véritable pointure au sein du Hamlin City Police Department. L’homme de trente ans passés, qui avait des airs de Jeff Goldblum avec ses fameuses lunettes noires, comptait déjà six ans de service au HCPD, en plus de ses quatre années précédentes parmi les forces de l’ordre de Baltimore.

Il s’agissait donc d’un officier chevronné dans sa dixième année, pour qui les rouages criminels n’avaient à présent plus de secrets. Car non seulement il était habitué à leur surveillance, mais il lui arrivait aussi de les côtoyer. De loin et de près, bien plus souvent qu’on ne l’imagine. En fait, de tous ses collègues sur le terrain, Ross était – en ce moment même – peut-être le seul flic qui osait s’aventurer dans le monde dangereux des gangsters, un monde qui n’avait rien d’imprévisible pour lui.

 

Tu ne veux vraiment pas me dire pourquoi ? Insista Howard tout sourire, qui avait manifestement décidé de titiller son aîné.

Regarde ! L’implora Ross, concentré lui sur ce qui se passait juste sous leurs yeux.

 

Au loin, dans la ruelle d’en face, l’on pouvait apercevoir deux types traîner un autre type hors du repaire de l’organisation criminelle. Ceux-ci balancèrent le pauvre malheureux comme s’ils sortaient les poubelles, et même pire que cela ; brutalement et sans aucune retenue. Puis ils lui assénèrent de violents coups de pieds, surtout au niveau des côtes. Le grand frère ne bronchait pas devant cette scène, plutôt difficile à supporter, tandis que le cadet était choqué d’y assister. Choqué aussi que personne n’intervienne.

 

Putain ! Les salopards !! Il faut y aller, non ?! S’écria Howard en s’apprêtant à descendre du véhicule.

 

Ross l’en empêcha en le retenant par le bras, suivi d’un hochement de tête on ne peut plus clair, qui lui fit comprendre de rester tranquille à l’intérieur.

 

Ce que tu vois là, c’est ce qu’on voit tous les jours. Partout, c’est pareil. Lui apprit-il. Dans toute cette foutue ville, c’est devenu la norme…

Mais vous ne faites rien ? Ce genre de choses ne devrait pourtant pas arriver ! S’insurgea Howard, qui se retenait d’aller secourir le tabassé. Arrête-moi si j’ai tort mais on est censé protéger la population, non ??

 

Ross prit le temps de se rallumer une cigarette, la huitième de la soirée, avant de lui ouvrir les yeux :

 

Ecoute, Howie… Pour bien que tu saisisses de quoi il retourne, la justice fonctionne différemment à Hamlin.

Ouais, il semblerait.

Sérieusement, je voudrais que tu m’écoutes. Nous, les forces de l’ordre, n’avons aucun pouvoir. Que dalle. Ce sont les gangsters qui l’ont, aidés et parfois soutenus par le système politique. Ils sont comme une maladie qui s’est installée et dont on a beaucoup de mal à se débarrasser. Alors on fait ce qu’on peut, avec les faibles moyens qui sont à notre disposition. Ce qui est très peu de suffire, je sais. Mais il va falloir s’en accommoder si tu veux survivre dans ce monde.

Survivre ? Carrément… Alors ça, je dois t’avouer que je m’y attendais pas. Soupira le petit frère, scotché par ce discours tout sauf rassurant.

 

Les deux mafieux cessèrent de frapper le troisième gars et, après de brefs regards autour d’eux, se postèrent devant l’entrée du bâtiment. Ceci afin d’éviter des incidents supplémentaires, supposait alors Howard. Quant au type qui venait de se faire corriger, ce dernier rampa tant bien que mal jusqu’à disparaître de leur champs de vision, de l’autre côté de la ruelle.

 

Je pense qu’on aurait quand même pu l’aider. On aurait DÛ l’aider. Fit remarquer le jeune novice, pris de remords.

Fais-moi confiance lorsque je te dis qu’il n’y a pas d’états d’âme à avoir. Assura Ross, tourné vers lui.

Comment ça ?

Pour l’instant, tu as un regard innocent. Et c’en est presque mignon. Là où tu as vu une victime, j’y ai vu un éventuel gangster. Ou un imbécile qui ne devrait pas se trouver en ces lieux et qui a peut-être évité le pire. Dans tous les cas, ça fait quelqu’un de moins en situation de danger.

Quelle logique à la con ! Franchement…

J’étais comme toi au début, je voulais sauver tout le monde et jouer les héros. Reconnut-il avec un brin de nostalgie. Tu vas vite prendre le coup, ne t’en fais pas.

 

Howard ne savait pas comment réagir face au manque d’ardeur – du moins en apparence – de Ross, lui qui avait toujours prôné un monde intègre et une justice équitable depuis qu’ils étaient en âge de comprendre certaines choses. Et tout à coup, il commençait à se demander s’il avait fait les bons choix.

 

Qu’est-ce qui te tracasses ? Releva l’aîné qui le connaissait par cœur, crachant la fumée blanchâtre par l’ouverture de sa vitre.

Rien, c’est juste que.. j’ai du mal à reconnaître le Ross habituel dans ces paroles.

Le Ross habituel ? Répéta-t-il en levant un sourcil vers le haut.

Mais oui ! Tu sais bien… Le Ross qui ne laisse rien passer, celui qui croit en une justice ferme. Ce Ross-là, quoi !

 

En même temps qu’il parlait à son frère, Howard faisait de grands gestes avec ses mains afin de balayer la fumée, à l’odeur affreuse et surtout nocive, qui l’enveloppait progressivement. Il détestait ça et il avait auparavant plusieurs fois tenté de dissuader Ross de fumer en sa présence, en vain bien sûr.

 

Ah, d’accord… Je vois. Rassure-toi, je crois toujours en une justice ferme. Confia celui-ci à son cadet, loin d’être convaincu.

Comment se fait-il que tu ne l’appliques pas, dans ce cas ?

 

A cet instant, Ross ferma les yeux et expira tout l’air de ses poumons. « T’as beau prendre de l’âge Howie, tu restes un sacré casse-couilles ! » Pensa-t-il, accoutumé à son caractère fonceur. Puis il les rouvrit, directement braqués sur le trottoir d’en face, avant de jeter son mégot par la fenêtre. Il n’allait pas insister et attendrait que le temps fasse son œuvre.

 

Ne me réponds pas surtout. Lança le jeune impatient en croisant les bras.

Je t’ai entendu.

Et donc ?

Si je te pondais une dissertation sur le sujet, tu n’en ferais probablement qu’à ta tête de toute manière. J’ai pas raison ?

Hmm… Ouais, tu marques un point. Concéda-t-il, lassé de cet échange.

Pour l’heure, tout ce que tu as à savoir tient dans cette seule phrase. Conclut Ross en marquant une courte pause de silence, pour être sûr d’avoir capté son attention, ce qui fonctionna évidemment. « Tôt ou tard, la Justice finit toujours par rendre son verdict. »

Mon Dieu ! Encore cette formule grotesque…

 

Howard leva les yeux au ciel, exaspéré par l’attitude de son frère, qui ne se privait jamais de l’asticoter un peu. Au moment où les deux hommes semblaient s’être à nouveau engagés dans une de leurs batailles de réparties, une ombre inquiétante se déplaça en direction de la voiture et les interrompit.

 

Tiens, tiens… Ne serait-ce pas ce cher Inspecteur Raspberry² ? Blagua le gangster, qui s’adressait au conducteur comme s’ils étaient familiers.

Salut Vince. Répliqua ce dernier, le regard froid. Qu’est-ce que tu veux ?

C’est plutôt à moi de te demander ça, non ? Genre.. sérieux. Qu’est-ce que tu branles ici, garé dans un coin aussi malfamé, et devant chez nous en plus. Avoue qu’il y a de quoi se poser des questions.

 


 

². C’est ainsi qu’est surnommé l’officier de police dans le Milieu : Raspberry (= framboise) est un jeu de mot avec son nom et prénom. Oui, les criminels sont très originaux…

 


 

Le dénommé Vince était clairement en confiance et savait pertinemment qu’il ne craignait rien. Les deux hommes se fixaient sans cligner des yeux, donnant l’impression qu’ils pouvaient se sauter à la gorge l’un de l’autre n’importe quand. Howard, nullement impressionné par le personnage, ne pouvait pas cautionner un tel manque de respect.

 

Hé, mon grand ! Tu t’adresses à un représentant de la loi là, alors tu vas commencer par te calmer. Le prévint-il avec assurance.

 

Vince s’appuya sur le toit de la Dodge Challenger et son regard croisa celui du petit frère, un parfait inconnu pour lui.

 

T’es qui toi, tocard ? T’as peut-être pas remarqué mais on avait une discussion d’adultes jusqu’à ce que tu te décides à ouvrir ta gueule.

Je suis le mec qui va bientôt sortir de cette caisse pour t’en coller une, si tu continues à parler comme tu le fais. Le menaça-t-il, définitivement irrité par l’attitude du mafieux.

Oh ! Mais fermez-la un peu, vous deux ! Cria Ross d’une voix forte, avant que la situation ne dégénère.

 

Cela eut l’effet escompté. Il s’attendait à ce que Vince en rajoute une couche mais ce dernier se contenta d’en rire. De la plus énervante des façons qui plus est, exactement comme lorsque quelqu’un vous nargue exprès.

 

T’es couillu l’ami, je dois bien le reconnaître. Se reprit-il en complimentant Howard, enfoncé dans son siège. Tu m’avais pas dit que t’avais un nouveau partenaire, Raspberry. T’es déjà passé à autre chose, on dirait.

 

A ces mots, Ross ne put se contenir. Vince venait de rouvrir de vieilles cicatrices et ses yeux virent rouge ; il attrapa la tignasse brune du gangster, avec une telle hargne que même son frère en fut surpris, et le tira vers lui.

 

Ne t’avise plus jamais de plaisanter à ce sujet, t’as compris ducon ?! Le mit-il en garde. Un jour ou l’autre, vous paierez pour vos crimes… Et j’en ai rien à foutre si vous êtes protégés par votre famille de merde, par la ville toute entière, par le gouvernement ou que sais-je encore ! Regardez attentivement derrière vous quand vous marchez parce que je ne vais pas vous lâcher, ça tu peux en être certain !!

Vas-y ! Dégage, putain !! S’emporta Vince en reculant. T’es un vrai malade toi…

 

Il remit ses cheveux en place puis jette un œil derrière lui, vers le repaire de la Milice, probablement afin de vérifier que personne n’avait été témoin de la scène. Puis il finit enfin par s’éloigner, non sans leur donner un dernier avertissement :

 

Je t’aurais prévenu Inspecteur. Si tu cherches les emmerdes, tu vas les trouver ! Ton petit copain et toi, vous devriez vous barrer d’ici et aller jouer aux flics ailleurs !

 

Vince quitta la ruelle et rentra dans l’édifice, tandis que ce fut au tour des frères Berry de rire. La tension accumulée au cours de l’échange redescendit d’un coup et l’aîné put s’expliquer envers le cadet.

 

C’était quoi ça !? Demanda celui-ci, abasourdi par le fait d’avoir vu Ross perdre ses moyens, ce qui n’arrivait pas souvent.

Ce type, ou plutôt cette enflure… C’est Vince Russell. Il adore faire chier les gens, une véritable passion chez lui. L’informa-t-il.

Mais.. d’où est-ce que vous vous connaissez ? Il avait l’air de savoir parfaitement comment te mettre en rogne.

Lui et son pote, Benny, étaient des dealers notoires à Baltimore. J’effectuais encore mon service dans le Maryland à l’époque. Tu te souviens de Jameson, j’imagine…

Ouais, ton ancien coéquipier. Je l’ai toujours apprécié ce gars-là ! Et maintenant qu’on en parle, tu m’as jamais dit ce qui s’était passé. Nota Howard, curieux de connaître la suite.

Justement, j’y viens… Soupira Ross en se remémorant les faits. Nous étions tous les deux sur le point de démanteler un vaste réseau de drogue, dont Vince et Benny faisaient partie. Jameson avait réussi à choper ce salopard quand tout a dérapé…

 

Il marqua un temps d’arrêt, se refusant à prononcer les mots fatidiques.

 

L’autre a débarqué et lui a sauvé la mise, c’est ça ? Devina Howard, l’air compatissant.

Oui… Ils l’ont abattu. Comme un chien ! Réagit-il en serrant les dents. Ces fils de lâches… Ils se sont empressés de disparaître après son décès, espérant sans doute se faire oublier. Mais moi, je n’ai pas oublié. Et je les pourchasse depuis cette période, d’où mon transfert à Hamlin il y a quelques mois.

Waouh… Je suis vraiment désolé frérot. Ça a dû être terrible.

Tu n’en savais rien.

N’empêche ! Avec ce que tu m’as raconté là, ça me donne encore plus envie de lui faire sa fête à ce gros bouffon. Commenta Howard, remonté à bloc.

Compte là-dessus.

 

En mémoire de son défunt camarade mais aussi par principe, Ross était bien déterminé à mettre un terme à leurs agissements. Et ce quoiqu’il lui en coûte.

Trois ou quatre minutes plus tard, sa montre bon marché affichait désormais 23h36. Alors que le silence paraissait s’installer confortablement dans la voiture, le turbulent petit frère ne lui en laissa pas l’occasion :

 

Au fait, Raspberry… Déclara-t-il avant de se prendre une légère tape sur le crâne par le concerné. Je suis content d’être venu ce soir, d’être en planque avec toi je veux dire. Je voulais que tu le saches.

Sentiment partagé, le nouveau ! Se moqua Ross en retour. Tiens ! Ça me fait penser… C’est vrai qu’on est en planque, enfin plus ou moins.

Haha ! Plus ou moins.

Ouais mais du coup, je manque à tous mes devoirs. Je devrais être en train de t’apprendre les ficelles en ce moment même !

Nan, pas tous. Le droit d’attraper un mec par les cheveux par exemple, c’est imprimé. Ironisa Howard en pointant du doigt l’emplacement de son cerveau.

Okay… Fous-toi de ma gueule, petit con !

 

Puis l’inspecteur montra un type qui avait l’air assez jeune, bien habillé et propre sur lui également, longer le trottoir d’un pas tranquille. Celui-ci salua les gardes à l’entrée du repaire et s’enfonça à l’intérieur.

 

Un membre de la Milice ? Présuma Howard, qui avait vu juste.

Hmm hmm. Acquiesça Ross. C’est Mitchell Barnes, communément appelé Mitch³. Il a rejoint l’organisation il y a peu, depuis deux ou trois mois environ. Il est Exécutant aujourd’hui, soit au deuxième échelon.

Un peu rapide comme progression, non ?

Ce n’est pas si surprenant en fait. Il paraît que c’est une sorte de génie des chiffres et qu’il se débrouille très bien.

Je vois…

 


 

³. Je vous renvoie ici à la nouvelle dédiée à ce personnage, dans laquelle un autre personnage ci-dessous fait aussi son apparition.

 


 

De l’autre côté de la rue, Howard repéra soudain une voiture flambant neuve – une corvette entièrement noire, des jantes à la carrosserie – se garer sur le parking privé. Au volant se trouvait un homme vêtu d’une chemise noire et d’un pantalon en toile blanc, ensemble particulièrement bien choisi tant sa peau bronzée ressortait. Assise sur le siège passager se tenait une jeune femme, dans la bonne vingtaine, presque aussi bronzée que lui, vêtue quant à elle d’un chemisier pastel à motifs fleuris ; ce dernier étant rentré de manière impeccable dans un jean taille haute de couleur anthracite.

 

Et ces deux-là, c’est qui ? Demanda-t-il intrigué. D’ailleurs, cette femme est sérieuse ? Elle porte réellement un chapeau de cow-boy ??

Je trouve qu’il lui va à ravir. T’es pas d’accord ? Répliqua Ross, tout à fait sincère.

Bah, je.. si tu le dis..

Elle, Howie, c’est Savanah. Le coupa-t-il, lancé dans ses éclaircissements. Savanah Rush. Elle est au même niveau que Vince, je crois. Et j’éviterais de me moquer si j’étais toi. Le dernier qui a osé critiquer son chapeau, son corps a ensuite été découvert dans une benne à ordures du quartier voisin… Sans la tête, qui n’a jamais été retrouvée.

Tu déconnes ?

Non, je t’assure. Confirma-t-il en allumant une énième cigarette. La rumeur veut qu’elle l’ait conservée quelque part en guise de trophée. Va savoir… En tout cas, elle me fout les jetons cette gonzesse.

Je peux comprendre… Et le mec qui l’accompagne ?

Hunter Davis, son formateur. D’après mes sources, il a été promu Lieutenant il n’y a pas si longtemps.

Ce qui fait donc de lui un haut gradé. Un type relativement important au sein de la Milice. En déduit Howard.

Exact. Monsieur a révisé son sujet ! Le félicita Ross.

Hé ! Qu’est-ce que tu crois ? Je m’implique un minimum !

 

Le tuteur et son élève firent une vive impression aux gardes, surtout Savanah, qui est loin d’être disgracieuse, puis ils franchirent la porte d’entrée à leur tour.

 

Il ne m’a pas paru bien méchant, si tu veux mon avis. Dit-il après coup. Même s’il faut reconnaître qu’il a du style.

Toujours se méfier de l’eau qui dort. Rétorqua l’aîné entre deux taffes. S’il en est arrivé là, ce n’est pas sûrement pas un tendre. N’oublie jamais que ce sont des criminels de la pire espèce que tu as en face de toi, pour la plupart endurcis.

Chef, oui, chef !

 

Howard imita le salut militaire tandis que Ross secoua la tête de dépit, face au comportement infantile de son petit frère. « Voilà qu’il recommence, cet abruti » Songea-t-il.

 

Cependant, en dehors des idioties dont il est capable, l’aîné ne pouvait s’empêcher de se questionner sur certains raisonnements du cadet, qui avait exposé les failles du système au cours de cette soirée d’observation. L’inspecteur de la police était pleinement conscient de n’être qu’un justicier dans la nuit : un simple homme engagé dans une croisade contre des forces qui lui échappaient encore.

Oui, Ross savait très bien qu’il risquait sa vie ainsi que celle de son frère dans ce combat de chaque instant. Seulement, il n’était pas du genre à reculer devant le danger et il avait promis d’aller jusqu’au bout sur la tombe de son ami décédé. Howard, de son côté, connaissait la confiance à toute épreuve de Ross à propos de ce qui lui réservait l’avenir ; peut-être même un peu trop à son goût ! Mais il comptait l’aider du mieux qu’il le pourrait et veillerait sur lui également, raison pour laquelle il avait en partie rejoint le Département.

Car, bien qu’ils ne cessent de se chamailler au quotidien, les liens entre eux sont solides. C’est pourquoi les frères Berry demeurent soudés et se tiennent prêts à affronter n’importe qui, ou n’importe quoi.

 


 

 

Puissiez-vous atteindre vos objectifs 😉

 

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