Hommage à Kobe Bryant

« Love me or Hate me. It’s one or the other. Always has been. Hate my game, my swagger. Hate my fadeaway, my hunger. Hate that I am a veteran, a champion. Hate that. Hate it with all your heart. And hate that I am loved for the exact same reasons. »

 

« Aimez-moi ou haïssez-moi. C’est l’un ou l’autre. Ça l’a toujours été. Haïssez mon jeu, ma démarche arrogante. Haïssez mon fadeaway, ma faim. Haïssez le fait que j’aie de l’expérience, que je sois un champion. Haïssez ça. Haïssez-le du plus profond de votre cœur. Et haïssez le fait que je sois aimé pour les mêmes raisons. »

 

En tournant ce spot publicitaire en 2006, Nike avait tout compris à propos de l’image que renvoyait Kobe auprès du grand public. Et l’intéressé ne pouvait pas mieux le décrire lui-même.

Avant-hier soir, peu avant 21h (heure locale en France), nous apprenions avec stupeur la terrible nouvelle qui venait de s’abattre sur la planète basketball et celle du sport en général : Kobe Bryant a perdu la vie dans un accident d’hélicoptère, alors qu’il prévoyait d’assister à un match de basket avec sa fille, Gianna, et sept autres personnes, décédées elles aussi. Je tenais à leur rendre hommage également, parce que ce qui est arrivé est vraiment moche…  Je cherche les mots justes mais je ne sais pas si je les ai, ni même s’il en existe.

Lorsque ma sœur m’a balancé l’info dans la soirée, alors que j’avais passé une très bonne journée jusque là, c’est tout un monde qui s’est écroulé. Sur le coup, je ne voulais pas y croire, je ne pouvais pas y croire. Impossible ! Comment voulez-vous ? Cet homme que l’on pouvait suivre au quotidien et qui n’avait que 41 ans, ce joueur qui il y a trois ans encore éblouissait les parquets de la NBA, vêtu de son célèbre maillot, avec son fameux numéro dans le dos… Il nous paraissait invincible.

J’ai d’abord été choqué… C’était si soudain, ça me paraissait tellement irréel. On est dans le déni au début, on se dit : « Non ! Mais non ! » Puis, en me réveillant au matin, comme émergeant d’un mauvais rêve, les larmes ont fini par couler toutes seules. Les nombreux témoignages à travers les médias et les réseaux sociaux m’ont achevé (cf la fin de l’article).

 

 

Comment vous résumer qui était Kobe Bryant ? Déjà, même si vous n’y connaissez rien au basket ou au sport, vous êtes obligé de le connaître, au moins de nom. Car Kobe, c’est l’une des dernières superstars en date de la NBA, la ligue professionnelle de basketball aux Etats-Unis. Mais Kobe, bien sûr, c’est beaucoup plus que cela.

 

 

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Kobe, c’est vingt saisons au sein de SA franchise de toujours, les Lakers de Los Angeles. 1996 – 2016 : voici ce que représente la totalité de sa carrière. Que dis-je… Sa carrière exceptionnelle, ponctuée par un parcours exemplaire ! Preuve de son attachement à la Cité des Anges mais aussi de l’une des dernières marques de fidélité à toute une organisation, ce qui se fait plutôt rare aujourd’hui.

Kobe, c’est ce gamin que l’on a souvent dit arrogant et qui est arrivé avec fracas dans la Grande Ligue, directement du lycée, à l’âge de 17 ans ! Le premier à oser ce passage très risqué depuis Moses Malone en 1976, si je ne m’abuse. On pouvait sentir à l’époque que c’était loin d’être un gamin ordinaire et qu’il assumait déjà ses choix. Des choix forts qui ont fait ensuite son succès.

Kobe, c’est ce trashtalker de malade, cette grande gueule que l’on pouvait entendre n’importe quel moment et qui en a déstabilisé plus d’un. Nul doute que ses adversaires se souviennent encore de ses agressions verbales et de son large sourire communicatif sur le visage.

 

« Si vous me voyez me battre avec un ours, priez pour l’ours. J’ai toujours aimé cette citation. C’est la Mamba Mentality. On n’abandonne pas, on ne bat pas en retraite, on ne fuit pas. On résiste et on conquiert. »

 

Kobe, c’est ce jeune lieutenant impatient qui voulait être calife à la place du calife et qui en avait assez d’être dans l’ombre du géant Shaquille O’Neal. C’est cette petite pépite à la coupe afro qui portait alors le numéro 8 et qui avait du mal à s’affirmer, malgré le talent dont il faisait étalage à chaque match.

 

 

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L’un des plus beaux « moves signatures » de Kobe

 

 

Kobe, c’est ce leader convaincu qui a obtenu ce qu’il voulait par-dessus tout : à savoir gagner un titre de plus que son grand copain le Shaq, et être ainsi sacré meilleur joueur au terme des Finales NBA. C’est ce phénomène sur qui les dirigeants des Lakers ont misé leur avenir pendant des années et qui lui ont filé les clés de la maison, sans regrets.

Kobe, c’est ce passionné de basket, cet analyste prodigieux, ce puriste du beau jeu. C’est ce joueur fantastique qui se fiche éperdument des critiques, qui a toujours réponse à tout et qui ne perd jamais confiance en lui. Qui va continuer à shooter malgré un faible pourcentage aux tirs et qui va se montrer clutch quand son équipe va se trouver dans le besoin.

 

« Je suis à la recherche de la perfection. »

 

Kobe, c’est ce bourreau de l’entraînement qui bosse plus dur que n’importe qui, ce mec qui place l’éthique de travail au-dessus de tout et qui en a fait son chemin de croix. C’est cette copie quasi-conforme de Michael Jordan, son modèle, qu’il voulait dépasser, le joueur le plus proche à s’être rapproché de Sa Majesté !

 

 

KobeMichael
Le Black Mamba & His Airness

 

 

Kobe, c’est ce numéro 24 intemporel. Ce joueur un brin immature et passablement agité (sous le numéro 8) devenu froid et chirurgical (sous le numéro 24), tel un serpent venimeux sautant à la gorge de son adversaire et ne lui laissant aucune chance. Phil Jackson, son coach, pensait avoir tout vu avec MJ ? Ô combien il se trompait !

 

« Gagner est prioritaire sur tout. Il n’y a aucune zone grise. Pas de presque. »

 

Kobe, c’est un superbe soliste qui s’est, au fil du temps, transformé (qui a mué ?) en coéquipier généreux et qui a cassé cette image de croqueur qu’il a longtemps reflété. Parfois à tort d’ailleurs. C’est ce gars qui voulait gagner coûte que coûte, peu importe le prix à payer. C’est ce gars qui éclaboussait les highlights de sa classe, de son charisme et de ses actions improbables.

Kobe, c’est aussi et inévitablement une longue histoire de chiffres. Kobe, c’est 5 titres remportés, 2x MVP des Finales, MVP de la saison régulière en 2008, 18x All-Star. Kobe, c’est une performance hallucinante de 81 points le 22 janvier de l’année 2006, face aux Raptors au Staples Center : la seconde plus grande marque de points de l’histoire de la NBA, derrière les 100 points inatteignables de Wilt Chamberlain, rien que ça ! Kobe, c’est un dernier match à hauteur de 60 points face au Utah Jazz, à 37 ans. Excusez du peu !

Kobe, c’est l’un des fers de lance de cette finale olympique 2008, contre l’Espagne, et cette médaille d’or remportée au bout d’une rencontre haletante entre autant de talents de part et d’autre. C’est cet immense champion qui donne toute son énergie lorsqu’il rentre sur le terrain et qui sait faire le show, lui qui était parfaitement taillé pour Hollywood, ses paillettes et ses projecteurs. Kobe, c’est ce joueur iconique qui aura sué et saigné Purple & Gold (= Pourpre et Or = les couleurs des Lakers), le seul de l’histoire à avoir vu ses deux numéros emblématiques retirés au sein de sa franchise.

 

« Je me suis dit, à la fin de ma carrière, je veux que les gens se souviennent de moi comme quelqu’un de talentueux qui a surpassé les attentes, quelqu’un qui a été béni avec du talent mais qui a bossé comme s’il n’en avait aucun. »

Les mots de Kobe Bryant après son dernier match en NBA.

 

Kobe, c’est aussi et surtout ce père de famille dévoué qui, en dehors de son amour profond pour son sport, n’aura eu d’yeux que pour les femmes de sa vie : à savoir sa femme Vanessa, ses filles, Natalia, Gianna (partie avec lui donc), Bianka et Capri. Voilà qui était Kobe Bean Bryant !

A titre personnel, je n’aurai pas eu le privilège de le voir jouer ni de commencer à suivre le basket à son époque, ou même de le rencontrer en vrai. Mais Kobe, sache que tu es le joueur auquel je me suis toujours le plus identifié, dont je me suis toujours senti le plus proche, autant dans la manière de penser que dans celle d’appréhender le jeu. Sache que, de là où tu es désormais, je me reconnais complètement dans la Mamba Mentality, dans cette culture de la gagne que beaucoup de gens ont du mal à saisir.

Oui, toi, Kobe, le compétiteur acharné, qui étais devenu ces dernières années une sorte de parrain pour certains jeunes athlètes en NBA, sache que l’on n’a pas loupé une miette de ta carrière et que ce fut un plaisir indescriptible. Sache que tu nous as régalé jour après jour, soir après soir, année après année.

 

 

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J’ai découvert le basketball sur le tard mais c’est bien toi, Kobe, qui m’a en partie fait kiffer ce sport magnifique et qui m’a fait aimer cette franchise mythique des Lakers, toi et ta volonté d’acier, toi qui ne visais que la victoire et seulement la victoire. D’ailleurs, Magic nous l’a avoué lors de ton dernier match officiel : c’est bien toi le Boss, Kobe, le meilleur joueur qu’ait connu les Lakers de Los Angeles. Moi, je t’ai toujours admiré.

A mes yeux, ainsi qu’à ceux de beaucoup d’autres, tu es et resteras sans doute le joueur le plus élégant qui ait foulé les parquets de la NBA, son plus grand artiste, l’attaquant absolu qui ne rechignait pas pour autant à défendre dur. Tu nous as fait rêver, tu nous as même fait nous arracher les cheveux par moments, mais tu nous as toujours émerveillé. Tu as inspiré des millions de fans à travers le monde et incité des millions de joueurs à pratiquer le basket, comme Michael avant toi.

Tu es un joueur unique en son genre, un extraterrestre du ballon orange. Et n’en déplaise aux Allen Iverson, Tim Duncan, Kevin Garnett et autres Dirk Nowitzki, avec qui tu as formé une formidable génération (la plus formidable d’entre toutes peut-être), toi, Kobe, tu étais au-dessus du lot. Et de voir LeBron James, comme un énorme symbole, te dépasser au nombre de points inscrits en carrière, chez toi, à Philadelphie, ça me rappelle forcément qu’on a tendance à t’oublier dans le débat du GOAT (= Greatness Of All Time)…

 

 

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Car, oui, Kobe, c’est bien toi qui a incarné la nouvelle ère à la fin des 90’s et au début des années 2000, c’est bien toi qui a représenté au mieux l’Après-Jordan. Toi, dont l’influence pouvait se mesurer au-delà du basket et du sport. Sois certain que tes exploits résonneront pour l’éternité et que l’empreinte que tu as laissée derrière toi est indélébile.

Aujourd’hui, je peux affirmer, sans une once d’hésitation, que tu es mon joueur préféré all-time, celui qui m’a le plus inspiré et le plus fait vibrer. Nous tous pouvons affirmer, sans contestation possible, que tu es l’un des plus grands joueurs de basketball de tous les temps, une véritable Légende, et que tu vas nous manquer. Mais ça, tu n’en doutes pas, toi, pas vrai ? Car tu n’as jamais douté. J’aurais pu écrire bien plus encore, mais il est temps maintenant. Oui, Kobe, il est temps de se dire au revoir.

 

Kobe Bryant, à jamais dans nos mémoires et dans nos cœurs.

 

Adieu Black Mamba et merci pour tout.

Thank you Kobe.

 

 

« J’ai le cœur brisé par cette nouvelle. Tu étais une vraie légende et un ami. Repose en paix Kobe Bryant, mes pensées et mes prières vont vers sa femme et ses enfants. »

Tony Parker

 

« C’est une grande tristesse pour le monde du sport et pour nous tous, pas seulement les fans de basket mais pour tout ce qu’il a fait pour le sport. »

Neymar Jr. (qui lui a rendu hommage après avoir inscrit un but)

 

« Kobe était une légende sur les parquets et commençait à l’être dans ce qui aurait été un second acte tout aussi fort. »

Barack Obama

 

« Je suis choqué suite à la tragique nouvelle concernant la mort de Kobe et Gianna. Les mots ne peuvent décrire la douleur que je ressens. J’ai aimé Kobe – il était comme un petit frère pour moi. Nous avons beaucoup discuté ensemble, et ses discussions vont vraiment me manquer. Il était un compétiteur féroce, l’un des grands de ce sport et une force créative. Kobe était également un incroyable père qui aimait sa famille profondément – et il était vraiment fier par rapport à l’amour que possédait sa fille pour le jeu. Avec Yvette, nous présentons nos sincères condoléances à Vanessa, la franchise des Lakers et les fans de basket du monde entier. »

Michael Jordan

 

« La nouvelle que nous avons reçue aujourd’hui est la nouvelle la plus dévastatrice que nous pouvions imaginer. Je suis tellement triste pour les parents de Kobe, Vanessa, Natalia, Bianka, Capri, les sœurs à Kobe et tous les fans NBA qui ont Kobe dans leurs cœurs.

La perte de Kobe, de Gianna et de chaque personne à bord, est plus que tragique et incompréhensible. J’aimerai Kobe pour toujours et je chérirai à jamais le temps passé avec lui.

Je l’ai vu grandir et passer d’un jeune plein d’énergie à l’homme qu’il est devenu, faisant une différence dans la vie de tellement de gens. Il a laissé derrière lui un monde meilleur.

L’héritage de Kobe vivra pour toujours. »

Jerry West

 

« Il n’y a pas de mot pour exprimer la douleur que je ressens suite à la perte de ma nièce Gigi et mon frère @kobebryant je t’aime et tu nous manqueras. Je présente mes condoléances à la famille Bryant et les familles des autres passagers à bord. ÇA ME REND MALADE. »

Shaquille O’Neal

 

« En essayant d’écrire ce post, j’ai la tête qui tourne. Je n’arrive pas à y croire et je pleure depuis toute la matinée suite à la nouvelle dévastatrice concernant la mort de Kobe et sa jeune fille Gianna dans un crash d’hélicoptère. Cookie et moi avons le cœur brisé. Je l’aime, j’aime sa famille et ce qu’il représentait sur comme en dehors du terrain.

Mon frère, une légende, un mari, un père, un fils, un frère, le gagnant d’un Oscar et le meilleur Laker de l’histoire est parti. C’est difficile à accepter. Kobe était un leader de notre jeu, un mentor pour les joueurs masculins et féminins.

Il a apporté sa connaissance, son temps et son talent pour guider tellement de joueurs, à partir des jeunes, au niveau universitaire, NBA et WNBA. Les mots ne peuvent pas décrire son impact sur le basket. Je sais qu’il va manquer à l’ensemble des fans de basket à travers le monde, surtout dans la ville de Los Angeles.

Il était une telle icône mais il a aussi fait beaucoup pour LA. Il était passionné pour aider les personnes sans-abri et était un avocat pour le basket féminin. Le fait de coacher l’équipe de sa fille lui apportait tellement de bonheur.

Kobe et moi avons partagé tellement de discussions sur le basket et la vie. On avait tellement de choses en commun en dehors des parquets. J’adorais parler avec lui des Lakers, mais aussi du rôle de père et de mari, ou encore de notre amour pour l’Italie. Ses discussions et sa présence vont vraiment me manquer.

Lakers Nation, le monde du basket et notre ville ne seront plus jamais les mêmes sans Kobe. Cookie et moi prions pour Vanessa, ses magnifiques filles Natalia, Bianka et Capri, ses parents Joe et Pam et ses sœurs. Nous serons toujours là pour la famille Bryant.

Nous t’aimons pour toujours. #8 #24 »

Magic Johnson

 

 

 

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