Nouvelle : Les Condamnés du Sirius (3)

Salut les Rêveurs !

 

Le périple du Sirius et de ses occupants touche à sa fin. J’ai décidé de tout condenser dans cette troisième partie et de mettre un terme à cette histoire.

 

Si vous n’avez pas (encore) lu la première et/ou la seconde partie, je vous les remets ici :

https://suivresesreves.com/2019/08/28/nouvelle-les-condamnes-du-sirius-1/

https://suivresesreves.com/2019/09/16/nouvelle-les-condamnes-du-sirius-2/

 

Voici donc la conclusion sur les origines de l’Australie, romancée pour la dernière fois. Bonne lecture à toutes et à tous !

 


 

 

Les Condamnés du Sirius (3)

 

 

Enfermé depuis des jours, confiné depuis des semaines dans une cage faite de bois, John huma l’air marin à plein poumons. La lumière du ciel, partagé entre le gris et le bleu, lui fit plisser les yeux à son arrivée sur le pont. Il ne pensait pas que revoir des nuages serait aussi plaisant.

Il n’avait pas réussi à obtenir gain de cause pour les autres prisonniers, mais cela importait peu désormais ; par son élan de solidarité, tout le monde savait que l’on pouvait compter sur lui et il était devenu un exemple à suivre, ce qui allait forcément servir à quelque chose tôt ou tard.

Pour l’instant, John était concentré sur ce qui l’attendait : il était plutôt impatient de rencontrer cette fameuse personne qui réclamait sa présence et dont il avait possiblement deviné l’identité. « Ça ne peut être que cet homme… » Se disait-il tandis qu’il emboîtait le pas au lieutenant Hawkins. Ce dernier grimpa les quelques marches qui menaient au pont supérieur, à l’avant du navire. John et ses gardiens en firent de même.

Là, il aperçut l’homme en question, une dizaine de mètres plus loin. Archer se tenait au bord du bastingage, droit comme un piquet. Son uniforme ne montrait pas un pli et il avait fière allure. A ce moment précis, son hôte n’eut plus aucun doute sur le personnage. Hawkins fit un geste maladroit de la main pour le désigner.

 

Il est à vous. Je vous laisse. Annonça-t-il simplement.

 

Puis il s’exécuta, suivi des deux soldats.

 

MacQuarry… Songea Phillips à voix haute, comme pour entamer la discussion. C’est écossais, non ?

 

Étonné par sa réaction, John le rejoint et se mit à sa hauteur.

 

En effet. Confirma-t-il. Mon père venait d’une ancienne et modeste famille, dans les Borders¹.

 

Les deux hommes se toisèrent du regard, jugeant en un clin d’œil à qui ils avaient affaire. « Sa moustache est aussi soignée qu’on le dit. » Pensa-il alors, tandis que le plus haut gradé du Sirius – et de la Flotte toute entière d’ailleurs – se rendait compte d’une chose tout à fait palpable : ce prisonnier était plus dangereux qu’il ne le laissait paraître, sous ses airs de gendre idéal. Il pouvait le sentir rien qu’en l’observant.

 


 

¹ . Les Borders, aussi appelées Scottish Borders, forment une région d’Écosse (signifiant « les Marches écossaises ») et servent de frontières avec son voisin du dessous, à savoir l’Angleterre.

 


 

Capitaine Phillips, je présume. Affirma ensuite John, soudainement intrigué par la personnalité du militaire.

Lui-même.

Je vous plains. Ce n’est pas trop difficile de manœuvrer avec quelqu’un comme Hawkins sous ses ordres ? Plaisanta-t-il à moitié.

 

Phillips fut désarçonné par la spontanéité de son interlocuteur mais trouva cette pique sur le lieutenant très bien placée, et tous deux furent bientôt pris d’un fou rire incontrôlable. C’était là la première fois qu’ils se rencontraient et, pourtant, on aurait facilement pu imaginer assister à une scène entre de vieux copains, tellement ils semblaient connectés.

 

Excellente, celle-ci. Je vous le concède. Dit-il en reprenant son sérieux.

De quoi vouliez-vous me parler, Capitaine ? Demanda John, dont la curiosité avait atteint son paroxysme. Je suppose que vous ne m’avez pas fait venir ici, juste pour le plaisir de rire un bon coup avec un banal forçat comme moi.

Vous supposez correctement, John, si je peux me permettre bien sûr. Oh ! Et… Vous avez beau laisser entendre n’être qu’un « banal forçat », vous et moi savons pertinemment que cela n’est pas vrai. C’est pour cette raison précise que vous vous tenez devant moi à cet instant.

 

Le capitaine de l’expédition se pinça l’extrémité de la moustache. Les deux hommes se respectaient d’autant plus qu’ils se reconnaissaient des qualités fort appréciables : Phillips voyait en MacQuarry un homme humble, authentique et intelligent, dont il allait encore plus se méfier à présent, alors que MacQuarry voyait en Phillips un leader au charisme indéniable et à l’esprit sans doute égal au sien, sinon supérieur ! Une amitié improbable mais sincère pouvait-elle naître dans des conditions si spéciales ?

 

Éclairez-moi, John. Reprit Archer, qui plongea ses yeux vifs dans ceux de l’écossais, dans l’espoir d’y trouver une réponse. Je me suis renseigné sur vous, depuis que nous avons quitté l’Angleterre. Cependant, personne n’a été en mesure de m’informer sur la ou les cause(s) de votre emprisonnement. Donc je vous pose la question directement… Pourquoi ?

 

L’intéressé esquissa un petit sourire puis répondit en ces termes :

 

Disons qu’en ce monde, il est juste impossible de plaire à chacun. En ce qui me concerne, j’ai déplu à une certaine personne, qui a eu tôt fait de m’incriminer. Et voilà où j’en suis.

 

Il ferma ensuite les paupières, comme s’il souhaitait effacer à jamais un souvenir précis de sa mémoire. Phillips se tourna vers lui, désireux d’en savoir plus.

 

C’est assez vague ce que vous me dîtes là. Je reste sur ma faim.

Patience, Capitaine. Si vous continuez de creuser, vous l’apprendrez certainement un jour ou l’autre. A moins que vous ne me fassiez torturer, auquel cas je parlerais sans doute… Mais j’imagine que ce n’est pas votre style.

 

L’assurance de John était telle qu’un sourire se dessina également sur le visage du commandant de la First Fleet. Le bougre avait raison.

 

Vous savez, ajouta-t-il, je commence à croire que tout ceci, notre voyage aventureux vers ces terres inconnues et vierges du péché de l’homme, ainsi que notre rencontre aujourd’hui même, n’est pas le fruit du hasard. Bien au contraire.

Je suis forcé de reconnaître que vous maniez les mots avec une finesse des plus effrayantes, Monsieur MacQuarry. Peut-être devrais-je reconsidérer mon jugement et vous faire exécuter sur-le-champ, avant que vous ne m’empoisonniez davantage l’esprit avec vos belles paroles ? Ironisa maintenant Archer en levant les sourcils.

Vous le pourriez aisément. Oui. Répliqua John, sur sa lancée. Mais vous ressembleriez alors beaucoup trop à ces hommes qui se proclament de la « haute société », qui ne supportent pas un seul instant que l’on ne puisse céder à leurs caprices et qui pensent, de par leur titre ou leur naissance, être au-dessus des autres.  Vous seriez alors l’un de ces hommes qui nous ont condamné à l’oubli et abandonné aux soubresauts du destin. Ce serait clairement décevant.

Clairement, je suis de votre avis. Acquiesça Phillips, qui avait là un parfait aperçu du genre de spécimen qu’il représentait. Selon vous, j’ai donc un rôle différent à jouer.

Croyez-vous aux secondes chances, Capitaine ?

Je crois que Dieu nous réserve le sort que nous méritons.

Votre rôle sera différent, et capital surtout. Je parierais les Joyaux de la Couronne là-dessus !

Vraiment ? En êtes-vous sûr ?

 

Les deux hommes se mirent à rire de nouveau. Une brise s’était levée et s’engouffrait dans les voiles, signe annonciateur d’un avenir rempli de promesses. Et c’est ainsi que la demi-heure envisagée au départ s’était transformée en une bonne heure de bavardage, riche d’enseignement.

 

Le soir même, comme il en avait pris l’habitude depuis le premier jour, le capitaine Phillips se cloîtra dans sa cabine, ordonna expressément que personne ne vienne le déranger, et s’installa à son bureau. Lors des voyages qu’il entreprenait, il aimait noter les événements importants et les points intéressants qu’il relevait, gardant ainsi une trace de chacune de ses expéditions. Bien sûr, celle-ci ne fit pas exception. Il sortit son vieux carnet de bord du tiroir dans lequel il était rangé, trempa sa plume dans le flacon d’encre posé à côté de sa main droite et se mit à écrire, sans s’arrêter.

 

16ème jour de navigation. La lune, cachée quelque part derrière les nuages, n’a pas daigné se montrer ce soir. Ma montre à gousset m’indique qu’il est environ 22h15 au moment où je rédige ces lignes.

A l’heure actuelle, nous ne sommes pas très loin des côtes portugaises. Nous nous dirigeons vers Lisbonne, la capitale du pays, selon Walter, le plus âgé de mes navigateurs. Certes, il est assez porté sur l’alcool fort (pour ne pas dire la plupart du temps), mais il reste néanmoins un marin expérimenté, sur lequel je pense pouvoir m’appuyer. Les deux autres, eux, sont tout juste bons à se chamailler. Et je ne suis même pas certain qu’ils sauraient placer notre souveraine nation sur une carte… Quelle tristesse.

Bref, passons. Depuis ce terrible séisme qui a ébranlé la ville entière, Lisbonne a été reconstruite et elle est aujourd’hui devenue un port accueillant. Nous y ferons une rapide halte, peut-être une journée ou deux, et y referons le plein avant de reprendre notre route vers la prochaine destination : les Îles Canaries, au large de l’Empire chérifien². Étant donné que cet état pratique une politique isolationniste, nous avons calculé qu’il serait plus sage d’effectuer un arrêt sur l’archipel espagnol.

 


 

² . L’Empire chérifien est l’ancien nom de l’État arabe, à mouvance militaire et théocratique, qui deviendra ensuite le Maroc.

 


 

Ce qui m’importe surtout aujourd’hui, c’est la conversation que j’ai eue avec John MacQuarry. Ce gaillard a piqué ma curiosité à vif depuis que je l’ai aperçu, sur la passerelle, un instant avant qu’il n’embarque sur le Sirius. Et ce n’est pas pour me vanter mais encore une fois, je ne m’étais pas trompé !

Cet homme joue les prisonniers modèles. L’on m’a aussi rapporté qu’il avait réussi à se mettre les autres dans sa poche, ce dont Hawkins a hélas omis de faire mention un peu plus tôt (et je dois dire que je partage par ailleurs le même avis que John à son sujet : c’est un incapable manquant cruellement d’intelligence… Mais un incapable loyal, qui obéit sans broncher).

Cette conversation en question, pour en revenir où nous étions, m’a conforté dans mes premières impressions et je vais dorénavant garder un œil attentif sur notre ami écossais. Non pas que je craigne une rébellion – ce qui serait peine perdue, voire suicidaire, au beau milieu de l’océan – mais comme on dit, on n’est jamais trop prudent.

Au-delà du fait que je reste naturellement sur mes gardes, je suis convaincu que John cherche à fuir un lourd passé qui le tourmente et qu’il est en réalité très heureux d’avoir, contre son gré ou non, pris part à ce voyage. Un voyage qui va très certainement marquer l’Histoire et qui va sans doute lui permettre de recommencer une nouvelle vie ailleurs, en l’occurrence sur ces terres qui n’attendent plus que nous.

 

21ème jour de navigation. Les nuages s’en sont allés et la lune n’est plus invisible. Je suis en mesure de distinguer quelques cratères à sa surface, mais l’astre est timide et on n’en voit pas encore la moitié. Il est 22h28, précisément, au moment où je termine cette phrase.

Nous avons quitté Lisboa, comme l’appellent les portugais dans leur langue si chantante, hier dans la matinée. Je n’ai pas perdu de temps et en ai profité pour donner des nouvelles à ma tendre épouse, qui a tant pleuré mon départ il y a presque un mois de cela.

Parfois, quand je ferme les yeux, je la revois en larmes, son mouchoir pressé contre son visage, alors qu’elle se tient sur le balcon de notre maison de campagne. Quelle sotte tu fais ! Depuis tout ce temps passé à mes côtés, ais-je seulement failli, ne serait-ce qu’une toute petite fois, de te retrouver ? Quand bien même je navigue vers le bout du monde, je sais que je vais finir par rentrer, que tu auras pris grand soin de notre foyer et que nous pourrons à nouveau nous aimer.

Sinon, j’ai passé un accord avec John : je me suis engagé à faire sortir chaque prisonnier, par groupes de cinq ou six, contre sa parole qu’aucun d’entre eux ne causeraient d’ennuis. Et, effectivement, ils n’ont rien tenté. Aucun d’entre eux ! Je ne sais pas vraiment pourquoi je lui ai donné le bénéfice du doute mais force est de constater qu’il n’y a pas eu d’incident à déplorer.

Est-ce que cela prouve que j’ai eu raison de lui faire confiance ? Serais-je en train de me ramollir à son contact ? Ou bien… Quoiqu’il en soit, je ne veux pas trop y penser pour l’instant. Concentrons-nous sur ce qui se déroule en mer. Les eaux sont aussi tranquilles que les détenus et j’ai peur qu’il ne s’agisse là du calme avant la tempête. Il faut nous préparer au pire.

 

32ème jour de navigation. 23h25 à ma montre. Ce soir, la lune brille de tout son éclat, revêtue de sa belle parure argentée. Et c’est une récompense en soi, étant donné les derniers jours auxquels nous venons de survivre. Car soyez assurés que j’aurais aimé avoir tort cette fois.

L’Atlantique s’est littéralement déchaîné et nous avons dû affronter une terrible tempête, l’une des pires qu’il m’ait été donné de connaître, moi qui aie pourtant bourlingué un peu partout en mer ! John, après s’être occupé de calmer les siens, s’est proposé d’aider l’équipage à faire face. Dans l’urgence de la situation, je n’ai pas vraiment eu le temps de réfléchir et je l’ai donc fait libérer, lui et quelques autres, afin qu’ensemble, nous puissions œuvrer pour nous garder en vie.

Et cela a payé pardi ! Le Sirius a tenu bon et nous en sommes sortis indemnes : éprouvés mais toujours parmi les mortels. On ne peut pas en dire autant des deux malheureux soldats qui sont passés par dessus bord, durant cette âpre bataille contre les éléments. Une cérémonie solennelle aura été improvisée pour honorer leur mémoire et ainsi remercier leurs efforts. Enfin, le reste de la flotte est intact et ça, c’est une nouvelle réjouissante.

Hawkins peut ruminer, John MacQuarry a gagné le respect de beaucoup de marins. Mon estime envers cet homme providentiel ne fait que croître. A présent, je m’apprête à ranger ce carnet et m’en vais de ce pas faire sortir les prisonniers au grand air, pour une petite heure disons. Ils ont bien mérité, eux aussi, d’admirer ce spectacle céleste.

 

45ème jour de navigation. Le soleil a bientôt atteint son zénith et projette sur nous ses rayons ardents. Nous sommes en pleine traversée de l’équateur. Une fois n’est pas coutume, j’ai pris ce qu’il me fallait et me suis installé à l’extérieur. Il est exactement 11h56.

Il y a un peu plus d’une semaine maintenant, nous atteignions les Canaries. Nous avions un jour de retard, à cause de la tempête, mais nous étions tout de même soulagés. Ce fut alors l’occasion de faire une pause, profitable à tous, et de nous ravitailler.

Un léger incident s’est produit toutefois, que ni John ni moi n’avons pu anticiper… Tandis que nous permettions à de petits groupes de venir sur le pont, comme nous l’avions déjà fait à Lisbonne, un homme a jugé qu’il était temps de nous fausser compagnie. Il s’agissait de Larry Wilkins, du groupe mené par MacQuarry en personne, avec Edward Jeffries (ou « Petit Ned ») et Charles Munro.

Chacun était en train de s’affairer sur le navire. John, Walter et moi-même calculions notre itinéraire ainsi que notre prochain arrêt : Rio de Janeiro. C’est à ce moment-là que Larry a tenté sa chance. Je ne saurais dire s’il a complètement perdu l’esprit ou s’il y a un tant soit peu cogité avant, mais toujours est-il qu’il s’est élancé à vive allure, bousculant les soldats sur son passage, manifestement pas assez prompts à réagir.

Charles a commencé à beugler comme un âne et son copain Ned s’est mis à crier dans sa direction : « Reviens ! Ne fais pas ça ! Reviens ! » Même des simples d’esprit tels qu’eux avaient pourtant réalisé la futilité d’une évasion dans ces conditions. Ce qui m’a réellement surpris cependant, ce fut la réponse de John. Très vite, il a intimé aux hommes armés de l’abattre. Et nom de Dieu, c’est ce qui s’est passé !

Larry était parvenu à descendre à quai et les lieux n’ont pas tardé à se transformer en tir aux pigeons. Le pauvre diable n’est pas allé bien loin, il a fini par s’écrouler dans une marre de sang, sous les plaintes horrifiées des civils. Pour lui, le voyage venait de prendre fin.

J’imagine que John y a vu là un danger par rapport à sa nouvelle influence et envers sa capacité à guider les forçats dans le droit chemin. Plus les jours s’écoulent, plus il se révèle être un véritable meneur d’hommes. Je vais devoir faire attention à ma tête moi, pensai-je dans un rire nerveux.

 

Après cet événement inopiné, le capitaine Phillips continuera de prendre des notes dans son vieux carnet, mais de manière beaucoup plus espacée. Car, en définitive, le reste du voyage sera plutôt calme, ce qu’appréciera grandement l’équipage, lui qui en aura pas mal bavé durant toute la durée du périple : c’est-à-dire huit mois environ. Voici le temps qu’il aura fallu au Sirius et à la First Fleet afin de rallier Portsmouth à Port Jackson¹, l’Angleterre à la Nouvelle-Galles du Sud². La mission de l’expédition aura été remplie et sera considérée, on peut largement l’affirmer, comme un véritable succès.

 


 

¹ . Port Jackson est le point d’entrée de la flotte britannique en Australie et désigne également l’emplacement de la première colonie européenne sur ces terres. Il s’agit d’un port naturel autour duquel Sydney sera construite.

 

² . L’Australie sera d’abord nommée Nouvelle-Galles du Sud, en référence à la région Galles du Sud du Pays de Galles. Historiquement, elle deviendra plus tard le premier État du pays.

 


 

 

Rio de Janeiro fut une formalité dans leur parcours. Du Brésil, ils firent ensuite route vers le Cap de Bonne-Espérance et ses houles impressionnantes, à la pointe de l’Afrique du Sud, qu’ils passèrent sans encombre. De Port Elizabeth, ils naviguèrent à travers l’Océan Indien, jusqu’à finalement emprunter le Détroit de Bass, séparant la Tasmanie de l’île-continent. Ils longèrent alors la côte avant d’apercevoir la baie et de descendre sur la plage déserte.

Mettre pied à terre fut une délivrance pour tout le monde : ces hommes et femmes qui avaient affronté les périls de la mer et risqué leur vie sur ces navires-prisons purent enfin retrouver la terre ferme, ainsi qu’une étrange sensation de liberté. Non pas une liberté recouvrée mais une forme de liberté inédite, comme ils n’en avaient jamais connue auparavant.

Tous furent d’accord afin de dire que les immensités sauvages, qui s’étendaient désormais devant eux, étaient frappantes et que le contraste avec la métropole était saisissant ! Il allait falloir apprendre à dompter cette nature hostile et d’un genre tout à fait inconnu. Les prisonniers allaient devoir apprendre à travailler le sol, à cultiver, etc, s’ils voulaient avoir une chance de survivre à cette nouvelle vie, qui s’offrait à eux.

John MacQuarry et Archer Phillips avaient réussi ; et l’un n’y serait sans doute pas arrivé sans l’autre. Entre les deux hommes, bien que selon les codes de l’époque, elle fut proprement inavouable, une amitié teintée d’admiration et marquée du sceau du respect s’était bel et bien forgée.

Ainsi, l’Histoire retiendrait que l’objectif avait été atteint, en ce jour du 26 janvier de l’année 1788. Au bout d’à peu près 250 jours donc, et autant de nuits passés sur les flots capricieux. Une nation toute entière attendait encore d’être bâtie, à la sueur, aux larmes et surtout, au prix du sang des bagnards déportés.

 


 

Je me suis dit que cette fin était parfaite et qu’il n’y avait pas meilleure formule pour conclure cette histoire ! Mais le récit n’est pas vraiment terminé – et oui – puisqu’il manque encore l’épilogue (je n’allais tout de même pas occulter ce que le destin a réservé aux personnages).

 

Je vais maintenant pouvoir passer à quelque chose d’autre, quelque chose de différent. Nous verrons cela ! *se frotte les mains*

 

Puissiez-vous atteindre vos objectifs, si possible avec autant d’aplomb que nos deux amis 😉

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