Nouvelle : Ne te retourne pas (1)

Salut les Rêveurs !

 

Allez, on ne perd pas de temps en bavardages. On enchaîne : voici aujourd’hui une histoire que j’imaginais depuis longtemps déjà et que je gardais bien au chaud, sous mon chapeau de magicien de l’écriture *se lance quelques fleurs au passage*

Le récit qui va suivre fera sans doute partie des plus beaux que j’aurais pu rédiger jusque là, au moins c’est dit ! Enjoy 🙂

 


 

Ne te retourne pas

1ère partie

 

« Rév.. toi.. Veille toi.. Réveille toi ! » Insistait sa petite voix, de plus en plus distincte.

 

Jesse se tenait debout, dans le couloir de la maison familiale, lorsqu’il ouvrit enfin les yeux. Il mit quelques secondes, qui lui parurent des minutes, afin de se rendre compte qu’il connaissait déjà les lieux. Il les connaissait très bien même, lui qui, comme tant d’autres adultes en devenir, a passé toute son enfance ainsi que sa jeunesse chez ses parents.

Ce couloir, qu’il traversait plusieurs fois par jour, de sa chambre à la cuisine, du salon à sa chambre, de sa chambre à la salle de bain, et ainsi de suite, lui rappelait tellement de souvenirs. De bons comme de mauvais. Il n’avait pas changé du tout : ses murs gris taupe, ses appliques murales chic et modernes, le radiateur électrique entre deux portes, le cadre offrant une vue splendide sur une plage de sable fin et sur la mer calme, accroché sur le mur d’en face, l’étroitesse du passage…

 

« Mais… Il y a comme un léger problème, non ? » Dit-il à haute voix, alors qu’il était en train de constater la longueur anormale du corridor.

 

Bien plus long que d’habitude. Et pour cause ! C’était comme s’il n’en voyait pas le bout, même en faisant un effort et en plissant les yeux au maximum. Jesse avança d’un pas hésitant, avec cette étrange sensation qui se manifestait en son for intérieur ; Autour de lui baignait une atmosphère de flottement, silencieuse mais pas spécialement désagréable. Irréelle était le mot juste. Le jeune homme n’avait pas l’impression de « vivre la réalité » ou plutôt, il n’avait pas le sentiment, à cet instant précis, d’exister.

Peut-être était-il en train de rêver ? Et peut-être était-il conscient, à ce moment-là, d’être en train de rêver ? Un rêve dans un rêve, quelle idée folle ! Cela lui rappelait immédiatement Inception, l’un de ses films préférés, qui traite des rêves, du subconscient, et qui en repousse les limites. Et, bien sûr, comme il est souvent difficile de dissocier la qualité d’une œuvre cinématographique au génie de la musique qui la met en scène, cette dernière lui vint à l’esprit, de manière si naturelle qu’il aurait pu se prendre pour le grand Leonardo DiCaprio.

 

 

Il s’arrêta net devant la chambre des parents lorsqu’une autre voix, plus douce et surtout plus féminine, lui susurra à l’oreille :

 

« Coucou, mon chéri… Coucou… »

 

Il avait reconnu de suite la voix rassurante de sa mère. D’où pouvait-elle bien provenir ? Jesse avait beau regarder au loin devant lui et se retourner, il ne l’apercevait nulle part. Cette fois, il était définitivement persuadé d’être dans une sorte de rêve.

Soudain, la porte de la chambre parentale s’ouvrit doucement, lui laissant entrevoir une scène floue. Une scène qui lui semblait curieusement familière… Jesse fit un pas en avant, franchissant ainsi le seuil, et il fut estomaqué par ce dont il fut alors témoin. Il ne vit non pas la chambre de ses parents, mais le jardin à la place. Littéralement sans voix, il venait tout juste de comprendre : en fait, il était en train de revisionner une scène de son passé, son enfance en l’occurrence. Comme une vieille cassette qu’on rembobine dans le magnétoscope.

Par cette belle journée printanière, sa maman se tenait sur la terrasse en bois et filmait son fils, qui devait être âgé de six ans environ, à l’aide d’un caméscope (un autre appareil d’une autre époque) flambant neuf. Son papa, quant à lui, se chargeait de renvoyer délicatement le ballon à l’enfant. Jesse effectuait là ses premiers tirs, les premiers d’une longue série. Se remémorer cet instant si lointain, ou plutôt le revivre, lui procurait une joie indescriptible. Il était trop petit pour s’en rendre compte mais maintenant qu’il en avait l’occasion, il pouvait clairement remarquer le grand sourire qu’affichaient ses parents, comblés.

L’image se brouilla d’un seul coup et le garçon fut happé en arrière, presque aspiré par une force invisible. La porte se referma comme elle s’était ouverte, avec ménagement. Le voilà qui fut de retour dans le « fameux couloir de sa jeunesse ». Pas encore remis de ses émotions, il commença à s’interroger ; « Et si… Et si ce couloir représentait vraiment la vie qu’il avait vécue jusqu’à présent ? » Il n’existait qu’une façon de le savoir, c’était de le découvrir par soi-même. « Quel drôle de rêve ce serait, quand même ! » Songea-t-il, ne sachant quoi penser de tout cela.

Tandis qu’il fit face à la porte de sa propre chambre, située sur le mur opposé, et qu’il s’apprêtait à saisir la poignée de celle-ci, une nouvelle voix lui parvint :

 

« Hum.. Salut ! » Fit-elle.

 

Jesse put sentir une pointe de gêne au timbre qu’elle emprunta. A n’en pas douter, il s’agissait également d’une voix féminine. Lorsqu’il leva la tête pour regarder dans sa direction, il vit une fille, à peu près du même âge que lui, se tenant debout à quelques mètres de là. Les murs et les portes avaient disparus, le couloir entier avait disparu. Il n’y avait que les ténèbres tout à coup. C’était comme si cette fille et lui flottaient dans les airs, entourés seulement par un halo de lumière, assez puissant pour leur permettre de se discerner.

 

« Est-ce que tu parles, au moins ? » Demanda-t-elle sur un ton dubitatif.

« C’est carrément trop chelou n’empêche… » Poursuivit-elle, croyant probablement que ce garçon plutôt mignon, qui la fixait les yeux écarquillés, n’était que le fruit de son imagination. Comment, d’ailleurs, pouvait-il en être autrement ?

 

« C’est dingue… » Articula Jesse.

« T’es la plus belle fille que mon esprit ait jamais conçue. Waouh ! » S’exclama-t-il ensuite.

 

« Ah.. Mais ! T’es pas muet finalement ! Et puis, c’est quoi ce commentaire !? » S’exprima à son tour la jeune femme, décontenancée par ce compliment maladroit. Son regard expressif couplé à sa réflexion la firent rougir sans même qu’elle ne s’en rende compte.

 

Jesse laissa échapper un rire tapageur, que son interlocutrice ne pouvait s’empêcher de trouver sexy, et s’excusa auprès d’elle :

 

« Je suis désolé. C’est juste que.. Tout me paraît tellement réel qu’on en oublierait presque que ce n’est qu’un rêve. » Expliqua-t-il dans un léger soupir.

 

« Alors, toi aussi ? Tu penses ça, je veux dire. » Répliqua-t-elle en cherchant les bons mots. « C’est bizarre, non ? Et donc, tu crois que nous ne sommes que des illusions qui papotent tranquillement ? »

 

Jesse l’avait remarqué à première vue, mais cette fille était encore plus mignonne qu’elle n’en avait l’air. Super mignonne à y mieux regarder. Ses cheveux lisses, seulement ondulés aux pointes, qui tombaient sur ses épaules, son dégradé de couleurs, du brun clair au blond cendré, cette mèche rebelle qui lui recouvrait l’œil gauche, sa bouche sensuelle à souhait, ses yeux aux iris d’un marron intense, pratiquement noirs, ses sourcils d’une netteté impeccable, son menton fin qui donnait envie de le tenir entre ses doigts, sa taille gracile et, il semblerait, d’une stupéfiante symétrie à la sienne… Pas besoin d’un dessin afin de comprendre qu’elle l’attirait.

 

« Ça fait beaucoup de questions, tu sais. Pour être honnête, je commence à croire que c’est cette conversation qui est bizarre. Et tant qu’on y est, ce qui se passe en ce moment l’est encore plus, selon moi. » Répondit Jesse, qui tentait toujours de résoudre ce mystère.

 

Le naturel dont il faisait preuve parvint à détendre l’atmosphère et la fille se mit à sourire, finalement amusée par l’absurdité de la situation.

 

« Tu réponds souvent à côté de la plaque aux questions qu’on te pose ? Oh, pardon ! Je t’en ai posée une nouvelle pour le coup ! » Dit-elle avec ironie, dans le but de le charrier un petit peu.

 

A cette raillerie bien placée, Jesse ne put réprimer un « hmpf » plein de défi, avant de contre-attaquer à sa manière :

 

« On se sent d’humeur joueuse maintenant ? Et si tu me disais plutôt quel est ton prénom ? A moins que tu ne préfères que je ne t’appelle « Miss Question » ? Et attention, j’attends de toi que tu répondes convenablement ! »

 

La belle brune au teint de pêche se retint d’éclater de rire, comme elle l’aurait sûrement fait en temps normal ; au lieu de cela, elle ouvrit à peine la bouche et positionna sa langue contre sa joue, expression inconsciente du plaisir qu’elle ressentait à l’instant, le plaisir de s’offrir une joute verbale disputée avec un jeune homme à croquer et non moins intéressant.

 

« C’est qu’il est observateur en plus de ça ! » Renchérit-elle, les mains sur ses hanches et la tête inclinée. « Je m’appelle River, sinon. Et je t’interdis de m’appeler Riri ! » Enchaîna-t-elle en lui faisant les gros yeux de façon exagérée. « Pour ce qui est du surnom, il en est hors de question, bien sûr ! » Conclut-elle d’un trait d’humour subtil qui, associé à son sourire parfait, finit par subjuguer Jesse.

 

Il n’était plus du tout attentif aux circonstances, il ne voyait plus qu’elle. Captivé par cette fille qui avait débarquée de nulle part, apparemment « coincée » dans son rêve. Ou peut-être était-ce l’inverse ? Comment pouvait-il le savoir ? Jesse n’était plus certain de rien à ce moment précis, si ce n’est que le contexte actuel présentait quelque chose de magique. Indéniablement.

Alors qu’il se préparait à lui donner la réplique, l’environnement redevint ce couloir dans lequel il avait tant marché et couru autrefois. River et son cercle de lumière avaient laissé place au mur gris taupe et à la porte de sa chambre, exactement comme s’il avait rêvé à l’intérieur de son rêve. Ce changement, aussi brusque que fâcheux, eut pour effet de refroidir ses ardeurs. « Putain.. mais c’est quoi, ce bordel ?! » Marmonna-t-il entre ses dents.

 

« Continue d’avancer… » Crut-il entendre au creux de l’oreille.

 

Jesse multiplia les mouvements de tête, à droite, à gauche, devant, derrière, mais personne en vue.

 

« Ne te retourne pas… Continue d’avancer… » Perçut-il, clairement cette fois-ci.

 

Bien qu’il ne fit pas complètement confiance à son ouïe, il lui avait paru reconnaître cette voix secrète ; elle ressemblait beaucoup à la sienne ! Mais c’est purement et simplement impossible, cela ne peut pas être vrai ! Car il n’y a aucune logique là-dedans… En fait, ce qu’il vivait depuis quelques minutes, il ne saurait dire combien, n’avait absolument rien de logique.

Le jeune homme était perdu. Il ne savait quoi penser de ce bazar. Était-il toujours en train de sonder les profondeurs de son subconscient, entamant – ou terminant d’ailleurs – un nouveau cycle de sommeil comme chaque nuit ? Était-il seulement dans cette configuration ?

Jesse cessa de s’interroger à ce sujet, avant que ne lui viennent à l’esprit les pires scénarios de science-fiction, du genre « rat de laboratoire », « mondes parallèles », etc. Il tourna la poignée de la porte devant laquelle il se tenait, celle de sa chambre, son refuge, son lieu sacré, où il avait pour habitude de s’évader, lorsque les choses n’allaient pas ou qu’il avait besoin de réfléchir au calme. Il sourit en revoyant le vieil écriteau fabriqué de ses mains d’adolescent, qui était fixé sur le bois et qui indiquait : « Ceci est mon espace privé, merci de respecter mon intimité », dont il était très fier.

Jesse entendit une nouvelle fois les mêmes mots de la voix, à travers un murmure tout juste perceptible, avant d’ouvrir la porte et de passer l’entrée. Comme la scène précédente, il s’attendait à revivre une bribe de son passé et se demandait bien à laquelle il aurait droit.

 


 

En espérant que vous aurez apprécié la lecture surtout !

 

Pour info : j’ai choisi de découper l’histoire en plusieurs parties (deux pour le moment) parce que celle-ci va s’avérer plus longue que prévue. On verra en temps et en heure.

Je me laisse toujours embarquer par ma plume, c’est incroyable ça. Hé hé.

 

La suite sera disponible courant mars. Soyez sages d’ici là !

 

Puissiez-vous réaliser vos objectifs 😉

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