Nouvelle : Dure réalité

Salut les Rêveurs !

 

Voilà une nouvelle que j’ai commencé à écrire cet été, alors que j’étais en vacances et que je me prélassais au bord de la piscine : celle-ci est centrée sur des personnages que l’on reverra dans mon roman noir (et qui auront leur petite importance), dont je ne cesse d’élaborer le scénario depuis des années maintenant et que je compte bien sortir un jour. En fait, j’y pense souvent.

Les personnages types gangsters et criminels m’ont toujours fascinés. Moi-même, j’ai incarné l’un de ces personnages dans un jeu de rôle sur internet durant mon adolescence et autant vous dire que j’en garde de très bons souvenirs ! Bien sûr, la réalité est autrement différente du fantasme du mafieux virtuel, ou encore des clichés qui nous sont donnés de voir dans les nombreuses fictions à l’écran.

Mais une idée précise s’est mise à germer dans mon esprit et, rapidement, je me suis surpris à imaginer une histoire, composée de diverses histoires plus ou moins reliées, où les malfaiteurs auraient la part belle. Dans ce monde-là, celui que j’ai spécialement conçu pour eux, dans lequel ils évoluent au gré de leurs désirs et aspirations, je leur ai attribué tous les rôles possibles et imaginables d’un récit. Sans oublier les relations qu’ils entretiennent ainsi que les convictions qui les poussent à agir.

Vraiment, j’ai hâte de l’écrire en entier et que vous puissiez la lire, une fois l’œuvre achevée. Pour l’heure, vous devrez vous contenter de ce passage de l’histoire, ce minuscule morceau du puzzle qui vous donnera un avant-goût de mon « grand projet ». Oui… Ça sonne plutôt pas mal dit comme ça !

Si vous n’aimez pas l’univers sombre de la mafia et du crime en général, alors vous n’allez probablement pas apprécier ce qui va suivre ; mais, même si je m’efforce de dépeindre un monde chaotique et sanglant, le contenu ne se résume pas qu’à cela. Heureusement d’ailleurs. J’essaie d’y apporter son lot d’émotions, de questionnements et de réponses, en plus de l’action, prévisible avec le genre particulier que j’aborde ici. Donc, je vous en prie, si vous n’êtes pas intéressés dans un premier temps, ne vous arrêtez pas à la forme. C’est le fond qui importe.

Enfin bref ! Je crois que je vous ai assez ennuyés pour aujourd’hui. Passez une agréable lecture 🙂

 


 

Dure réalité

 

 

18h48 – 24 juin 2006

Garage d’une vieille bâtisse abandonnée, ghetto de Hamlin

Comté de Yellow, Nebraska, États-Unis

 

En cette belle soirée qui voyait la fin de l’été approcher, Dwayne et ses potes se sentaient invincibles. Il y avait de quoi pour des jeunes de leur âge, entraînés dans la violence des quartiers situés en bordure de la ville, là où la pauvreté et le manque d’opportunités augmentaient un peu plus chaque jour.

Ils venaient de braquer, avec un certain succès, il faut l’avouer, leur cinquième établissement de ces deux derniers mois ; une quincaillerie cette fois-ci. Le pactole n’était certes pas substantiel mais il permettait néanmoins à la petite bande, qui s’était d’ores et déjà créée une solide réputation parmi les habitants désemparés des environs, de vivre tranquillement de leurs méfaits. Ceux-ci étant composés la plupart du temps de hold-up osés et de cambriolages. Tout cela, aux frais du contribuable. Ils étaient peinards quoi.

Au cours de leurs exactions, ils n’avaient jamais été inquiétés par qui que ce soit, ni par les forces de l’ordre, ni par les élus locaux : les premiers cités ne pouvaient réagir assez rapidement car les braqueurs, organisés et méticuleux, frappaient à la vitesse de l’éclair, prenant soin d’effacer toute trace compromettante. Quant aux seconds concernés, ils ne trouvaient simplement pas de réponse adéquate à la vague de crime qui sévissait et qui allait toujours croissante depuis l’année dernière, cette fameuse année 2005. Ceci, bien entendu, quand ils n’étaient pas accaparés par leurs propres intérêts, c’est-à-dire leur carrière politique et leurs poches plus ou moins remplies.

Dans ce chaudron bouillonnant que représentait Hamlin, alors en pleine expansion, les criminels amateurs tentaient de se faire une place au soleil et voulaient tous croquer une part du gâteau. Tous sans exception. A leurs risques et périls cependant. Car, comme Dwayne et ses gars par exemple, ce que beaucoup d’entre eux n’avaient pas pigé, c’est qu’il y a des règles à respecter.

Le Milieu, communément appelé la Pègre par les médias, est une véritable fourmilière, invisible aux yeux des citoyens ordinaires et des honnêtes gens. Un monde cruel et sanglant, où les gangsters entretenaient sans cesse leurs petites affaires, où il n’était question que de « business ». Un monde où seuls les plus forts étaient à même de survivre, dans lequel seules les organisations de taille importante et bien implantées, régnaient sans partage. Et à vrai dire, le gâteau ne s’avérait pas suffisamment gros pour ces micro-sociétés souterraines.

Dwayne, ainsi que les autres membres de son équipe, avaient commis l’erreur de s’attaquer à plus fort qu’eux. Quelle grave erreur ce fut ! Oh que oui…

 

18h15 – 24 juin 2006

Devanture de la quincaillerie attaquée, dans un autre quartier de Hamlin

Comté de Yellow, Nebraska, États-Unis

 

Un peu plus tôt dans la journée, un vieux monsieur, client habitué de la quincaillerie braquée dans l’après-midi, pouvait d’ailleurs témoigner de cette erreur souvent fatale aux inconscients.

 

Ils sont finis, ces mômes. Affirmait-il en secouant la tête, sur le trottoir d’en face.

Comment ça, « finis » ? Lui demanda un badaud qui passait par là et qui avait vaguement entendu parler du braquage.

 

Le vieil homme se caressa la moustache deux ou trois fois, avant de répondre à l’intéressé incrédule :

 

Vous n’êtes pas du coin, je présume. Voyez-vous l’ami, il y a une chose à savoir sur cette ville. On ne s’en prend pas à n’importe qui impunément.

 

Il avait bien résumé la situation. Le passant, qui n’avait toujours pas compris, reformula :

 

Mais.. je ne vois pas ce que vous voulez dire par là.

Ce que je dis, c’est que le propriétaire est un associé de l’Union et que cette boutique était sous leur protection. Précisa le vieux monsieur dans un soupir. Et je pense que du sang ne va pas tarder à être versé. Car cet affront ne restera pas sans conséquence, pouvez me croire !

 

Le client, coutumier des faits divers, avait entièrement raison. Le badaud, lui, cherchait encore à saisir les tenants et les aboutissants de cette histoire sordide. Il n’était en effet pas du coin et n’était donc pas au courant du rôle que jouait l’Union dans la Pègre de Hamlin.

Cela faisait plus d’un an désormais que le gang, aux couleurs d’appartenance¹ rouge et blanc, avait été créé. Au fil du temps, il s’était mué en véritable famille du crime et il tenait aujourd’hui une place prépondérante au sein du Milieu, au même titre que la Milice². Ses membres étaient tous tournés vers une seule et unique cause : celle du profit.

Et en règle générale, les nouvelles circulaient plutôt vite. Trop vite. Surtout en ce qui concerne les organisations criminelles et le réseau qu’elles se sont tissées par le biais de leurs nombreux contacts.

 

18h25 – 24 juin 2006

Pizzeria Grayson (en construction), futur repaire emblématique de l’Union

Dans un quartier voisin, Hamlin, Comté de Yellow, Nebraska, États-Unis

 

L’attaque de la quincaillerie venait d’avoir lieu et, non loin de là, Earvin était totalement concentré sur sa tâche du moment. Il n’avait plus que le dernier mur à mettre en blanc crème, presque beige, et il peignait sans relâche depuis quelques heures lorsqu’il fut subitement interrompu par l’un de ses compagnons d’armes. Dalton éteignit le poste de radio, posée sur le sol poussiéreux de ce qui serait un lieu de passage très fréquenté dans un futur pas si lointain, et s’adressa à l’homme au crâne rasé.

 

Bon sang ! T’es sourd mec ?! Commenta-t-il en se passant un doigt dans l’oreille, comme s’il avait perdu en audition. On l’entend à des kilomètres, ta musique de merde.

 

Dalton était un gaillard assez costaud, toujours accompagné de son fidèle trilby en feutre noir et d’une paire assortie de Timberland. Son visage arrondi et ses yeux endormis nous ferait quasiment oublier qu’il a choisi d’être un tueur à la solde de l’Union et qu’il a gravi les échelons jusqu’à devenir un haut-gradé de l’organisation. Earvin, au contraire, possédait une allure sinistre et menaçante, certainement due au fait de son teint blanchâtre et des profondes cernes qu’il gardait en permanence sous les yeux. Lui n’était pas bâti comme Dalton mais montrait une plus grande souplesse dans ses mouvements et le dépassait légèrement en taille. En terme de hiérarchie, il se trouvait un peu en dessous de celui qui venait de débarquer sans prévenir.

 

De merde, tu dis ? Dit-il en affichant un sourire en coin inquiétant, tandis qu’il descendit de l’escabeau. Tu as le droit de ne pas apprécier. Mais pour moi, c’est de l’art. Et ça m’aide à me focaliser sur ce que j’ai à faire.

Tu appelles cette daube de l’art ? Beurk ! Mon pauvre ! Réagit Dalton avec une mimique de dégoût. Tu ferais mieux d’écouter un peu de NWA ou de Wu-Tang³ et là, on sera d’accord sur la définition de ce mot.

 

Earvin déposa le rouleau dans le pot de peinture et fit face à son interlocuteur.

 

Je te trouve bien provocateur… Constata-t-il en ne le lâchant pas du regard. Tu sais qu’un jour, il se pourrait que je finisse par repeindre moi-même cette tronche grassouillette qui t’appartient ?

Ah ouais ? J’ai vraiment hâte de voir ça. Répondit fièrement Dalton, qui s’amusait plus avec son subordonné qu’il n’était sérieux en réalité.

 

Un bruit de chasse d’eau se fit entendre et la porte au fond de la pièce s’ouvrit.

 

Sans déconner, les gars… Intervint un troisième membre de l’Union, qui sortait tout juste des sanitaires. On peut savoir ce que vous faites ? On n’a pas le temps de se foutre sur la gueule, le patron nous attend.

T’es un vrai comique, Tracy. Répliqua Dalton. Ça fait dix minutes que t’es coincé là-dedans et tu nous parles de ponctualité. J’espère que tu as réussi à te vider au moins.

 

Earvin laissa éclater un rire moqueur à l’égard de Tracy. Ce dernier avait l’apparence d’un rappeur à la mode, avec sa casquette au logo des Yankees, ses tresses africaines, son bouc impeccablement taillé, ses chaînes autour du cou, son blouson universitaire et ses sneakers d’un rouge pétant aux pieds. Un pur produit de la street culture, qui se trouvait être un peu plus gradé que les deux autres : son rang équivalait à celui de « sous-chef », seulement inférieur au Conseil, l’organe rassemblant tous les dirigeants de l’organisation.

Tracy demeura sérieux face aux enfantillages de Dalton et Earvin puis se servit de la chemise à carreaux de celui-ci pour s’essuyer les mains. Le concerné ne broncha pas car il savait que l’heure n’était plus à la plaisanterie.

 

Allez ! On y va. Ordonna le plus haut-placé des trois. Je vous l’ai dit, non ? Mason nous a confié un boulot. Et il sera présent d’ailleurs.

Le patron vient avec nous ? Demanda Earvin, intrigué par cette soudaine mission.

Yep ! Il tient à rencontrer personnellement ce type pour qui on se déplace.

Haha ! Je sens qu’on va encore bien se fendre la poire. Déclara Dalton, excité comme une puce à l’idée de passer à l’action, tandis que les trois hommes sortaient de l’établissement.

 

18h52 – 24 juin 2006

Garage d’une vieille bâtisse abandonnée, ghetto de Hamlin

Comté de Yellow, Nebraska, États-Unis

 

De retour parmi la bande de braqueurs, dans ce garage miteux où les jeunes criminels avaient installé leur planque la plus récente. Tous étaient en train de célébrer leur coup d’éclat de cet après-midi. Réunis autour d’une table ovale, ils buvaient des bières et jouaient au poker, se tapant dans le dos et se chamaillant les uns les autres. Certains étaient en transe en écoutant la chanson Everyday Struggle de Biggie, qui passait à la radio à ce moment-là. Tout ce beau monde ne se doutait pas qu’ils n’allaient pas savourer longtemps leur victoire. Seul Dwayne, le plus sensé et sans doute le plus ambitieux, ressentait comme une sorte de malaise qu’il ne saurait expliquer.

Cette étrange sensation lui ayant à peine traversée l’esprit, la grande porte en métal du garage fut détruite dans une explosion aussi assourdissante qu’inattendue. La table de jeu vola quelques mètres plus loin et les hommes recherchés furent soufflés par la même occasion. Lorsque Dwayne retrouva pleinement ses sens, après avoir eu beaucoup de mal à se relever, il vit son malaise se matérialiser. L’Union les avait retrouvés et les voilà qui étaient pris au piège.

Les braqueurs étaient prêts à dégainer leurs armes mais Dwayne leur fit signe de se tenir tranquilles.

 

Sage décision. Applaudit l’homme qui semblait visiblement être le leader du groupe adverse.

 

Celui-ci s’avança à travers le nuage de fumée et fit face aux voleurs. Il s’agissait de Mason Miller, le Représentant de l’Union (un rang synonyme de « Capo » chez les mafieux italiens), siégeant au Conseil, le frère cadet du Boss lui-même. Cet homme était très respecté dans le Milieu et possédait un immense pouvoir au sein de son organisation. Autant dire qu’il ne valait mieux pas lui chercher des poux.

D’aspect moyen, son bonnet gris de style urbain lui cachait une bonne partie de ses yeux sombres. Il portait un blouson d’aviateur kaki à moitié ouvert, dont la fermeture éclair soutenait des lunettes de soleil aux verres teintés, ainsi qu’un jogging à la marque en forme de virgule et des baskets blanches.

Entouré de Dalton à sa gauche, de Tracy à sa droite, alors que Earvin assurait ses arrières, Mason était en tête de file, inspirant la crainte chez ses cibles qui avaient forcément entendu parler de lui ou de l’Union.

 

Mes félicitations, messieurs. Reprit-il dans un calme olympien. Et ne croyez-pas que je vous félicite pour le braquage minable de tout à l’heure. Non, non, non… En vérité, je vous félicite d’avoir été aussi stupides pour commettre un tel acte. Je me demande, êtes-vous suicidaires ?

 

Aucun d’eux ne lui donna la réplique, ils avaient bien trop peur et ne réagissaient même plus normalement. Dwayne, lui, éprouvait une forte envie d’utiliser sa répartie mais il ne savait pas si Mason attendait une vraie réponse. Dans le doute, il s’abstint.

 

J’ai rien entendu, les jeunes. Continua-t-il en mettant la main à l’oreille et en se penchant vers l’avant. L’explosion vous a rendue sourds ? Ou peut-être que c’est moi qui n’ai rien entendu. Qu’est-ce que t’en penses, Tracy ?

On vous a parfaitement entendu, patron. Confirma celui-ci.

 

Dwayne, qui en avait assez de cette petite comédie et qui ne parvenait plus à se contenir, prit la parole :

 

Non, nous ne le sommes pas.

Pardon ?

Tu voulais savoir si on était suicidaires. Et je te dis que non, nous ne le sommes pas. T’as raison du coup. C’est peut-être toi qui est sourd après tout. S’exclama-t-il.

Enfoiré ! Comment tu parles.. S’emporta Dalton, prêt à faire feu sur lui.

 

Mason calma le jeu en levant sa main. Le Représentant s’avança en direction de Dwayne et leurs deux visages plus proches qu’ils ne l’avaient jamais été. Il releva son bonnet et dévoila entièrement son regard. Le chef de la bande fut saisi par le noir intense de ses yeux, inflexibles. Ils affichaient clairement une grande confiance en soi et une volonté de fer.

 

Je devrais mieux t’entendre maintenant. Lâcha Mason avec un sourire perturbant.

 

Il posa la main droite sur l’épaule de Dwayne, qui déglutit en redoutant la suite.

 

Dois-je comprendre que c’est toi, Dwayne Kade ? C’est toi le leader de ces enfants perdus derrière toi ? Hmm ?

Oui, c’est moi. Mais comment tu..

Comment je connais ton nom ? Le coupa Mason. Allons, Dwayne. De la même façon que nous avons su où vous trouver, nous sommes au courant de beaucoup de choses par ici. C’est notre territoire, au cas où vous ne le saviez pas, et vous avez grave merdé.

Je ne vais pas m’excuser pour ce qu’on a fait. On essaie simplement de survivre, comme tout le monde. Et si je dois crever aujourd’hui, qu’il en soit ainsi. Tu le prends comme tu veux mais même face à la mort, je veux rester digne et ne pas plier le genoux.

 

Dwayne avait rassemblé la totalité de son courage dans ces propos et pensé avoir prononcé là son discours d’adieu. Earvin, qui admirait l’effronterie dont faisait preuve le jeune homme et se reconnaissait en lui, observait la scène en silence. Il commençait à connaître Mason et il avait déjà deviné ce qui allait se passer.

 

On les bute ? Demanda Tracy, qui n’en pouvait plus d’attendre.

Ne sois pas si impatient, T. Ricana Mason, qui s’adressa ensuite à Dwayne. Qu’est-ce que t’en dis, Dwayne Kade ? On devrait vous buter ? Ou y aurait-il une alternative ?

Peu importe ce que je dis, pas vrai ? C’est pas comme si on était en position de négocier. Au final, se résolut-il en baissant les yeux de dépit, notre sort est entre vos mains et il n’y a rien que l’on puisse faire pour changer ça.

Je crois que tu viens de le faire, à l’instant. Affirma Mason, d’un air satisfait. C’est que tu parles vraiment bien, pour un branleur dans ton genre. Je dois te l’avouer Dwayne, tu me plais.

 

Le Représentant de l’Union se retourna vers ses hommes et leur fit signe de la tête de le rejoindre. Ceux-ci se postèrent immédiatement à ses côtés.

 

Lui, lui et lui. Ordonna-t-il tout à coup.

 

Son sourire avait disparu. Tracy, Dalton et Earvin choisirent chacun un gars et les trouèrent comme des passoires. Dwayne, choqué, ne put qu’assister impuissant à l’exécution de ses camarades. Hors mis lui-même, il n’en restait qu’un seul encore debout, tremblant comme une feuille.

 

Pourquoi !? Hurla Dwayne, libérant sa fureur à la figure de Mason. Je croyais avoir changé les choses… Putain !!

C’est le cas. Je ne prends jamais une décision au hasard. J’ai beau avoir dit que le braquage était minable, il n’en est pas insignifiant pour autant. Sache, p’tit gars, que lorsqu’on s’attaque aux nôtres, il faut s’attendre à être puni. Tes hommes ont reçu leur punition, ils ne pouvaient pas s’en sortir.

 

Il marqua une pause et conclut son speech.

 

Vous étiez dans votre bulle, à croire que vous pourriez vous servir chez nous. Vous vous êtes trompés lourdement. Toi, en revanche, tu as une chance inespérée de « survivre », comme tu dis. Il est temps de te réveiller et d’accepter la réalité telle qu’elle est. Notre réalité à tous.

 

Mason se saisit du pistolet qu’il avait placé à l’arrière de son pantalon et le tendit à Dwayne, qui le regarda durant quelques secondes, confus, avant de croiser à nouveau le regard du gangster. Il ne lui fallut pas longtemps afin de comprendre ce qu’il attendait de lui.

 

Tu as un choix à faire à présent. Quel avenir désires-tu réellement ? A toi de voir.

 

Dwayne empoigna le Colt M1911, grand classique des armes à feu, et visa son dernier homme.

 

Qu’est-ce que tu fous, DK ? Déconne pas… Tu vas pas me faire ça quand même ? Bégaya le pauvre garçon, qui devait probablement se pisser dessus.

Je suis désolé mec. S’excusa celui-ci, après avoir hésité l’espace d’un instant.

 

Il appuya sur la gâchette et la balle perfora le crâne de la victime, qui s’écroula sur le sol avec les autres corps. Dalton n’en revenait pas et ne put se retenir de rire. Tracy leva les yeux au ciel devant le comportement de son subalterne. Dwayne rendit le pistolet à son propriétaire. Mason acquiesça un sourire sincère et lui serra vivement la main.

 

Voilà. J’ai décidé de mon avenir, en espérant ne pas avoir commis une erreur de plus.

Je pense que tu as fait le bon choix. Assura le meneur confirmé. Si tu bosses dur et que tu nous prouves ta valeur, l’Union te garantit un bel avenir. Alors bienvenue parmi nous, Dwayne Kade. Tu verras, c’est mieux que d’être membre de la Milice.

La Milice ? C’est quoi ?

Tu ne sais pas grand chose de ce monde, hein ? C’est désespérant.

 

Earvin l’accueillit avec un clin d’œil et Dalton, toujours aussi remuant, lui frappa l’épaule sans mesurer sa force. Tracy, sur la réserve, ne dit rien et suivit Mason à la voiture qui les avait amenés jusqu’ici.

Dwayne avait-il juste eu la chance de sa vie ou avait-il su éviter avec brio une mort certaine ? Il se poserait la question pour le restant de ses jours et repenserait souvent à ce moment fatidique. Mais une chose est sûre cependant : son audace et son désir d’aller plus loin l’auront emportés et il écrivait désormais une nouvelle page de son histoire.

 

__________

¹ . Dans le but de s’identifier clairement et de se démarquer du reste, les organisations criminelles comme les familles mafieuses et autres gangs revendiquent la plupart du temps une ou plusieurs couleurs qui leurs sont propres : il s’agit d’une coutume qui renforce le sentiment d’appartenance à un groupe structuré et hiérarchisé, qui peut varier selon les époques.
² . Autre organisation de poids à cette période, la Milice est la rivale historique de l’Union, et inversement. Après avoir été de proches alliées pendant toute une année, l’Union a proclamé son indépendance et s’est ainsi naturellement imposée en principale concurrente de la Milice.
³ . NWA et le Wu-Tang Clan sont des groupes de hip-hop américains qui ont connu un franc succès par le passé. Ces derniers ont influencé bon nombre d’artistes et ont fait partie de ceux qui ont popularisé le gangsta rap, surtout dans les années 90.

 


 

Je ne suis pas peu fier de cette première nouvelle dans le genre noir ! Ça m’éclate de raconter des histoires de gangsters, comme ça m’éclate de suivre leur évolution à la télé finalement.

 

Si vous avez aimé, c’est que j’ai bien fait mon travail. Ce n’est qu’un début de toute manière. Du coup, je vous dis merci de m’avoir lu et à la prochaine. D’ici là, faites attention à vous et ne vous prenez pas la tête !

 

PS : la chanson du début est celle que je cite dans le texte.

 

Puissiez-vous atteindre vos objectifs 😉

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