Nouvelle : Astraphobie

Salut les Rêveurs !

 

Quelques semaines sans toucher un clavier et j’ai l’impression que ça fait une éternité. Par contre, on dirait que c’était hier le jour où j’ai décidé de me lancer : c’est dingue mais le blog a désormais un an d’existence !

Bien sûr, j’étais très motivé en démarrant le projet ; sauf que, honnêtement, j’avais toujours ce petit doute au fond de moi. Plus jeune, durant ma période d’adolescence, quand les idées d’histoires en tout genre se bousculaient déjà dans ma tête, j’avais pour fâcheuse habitude d’abandonner la plupart de mes écrits. Soit par manque de temps, soit par manque de conviction. Je passais simplement à autre chose.

Aujourd’hui, je suis fier de dire que ce n’est plus le cas. Suivre ses Rêves m’a offert un cadre structuré et le fait d’être discipliné m’aide beaucoup. Je suis heureux d’en être arrivé là et je souhaite évidemment aller encore plus loin avec vous 🙂

Le récit qui va suivre est inspiré de certaines « mésaventures » que ma famille et moi-même avons vécues en vacances cette année. Et qui font maintenant partie de la case souvenirs… Bonne lecture à toutes et à tous !

 


 

Astraphobie

 

Génial, cette randonnée ! Vraiment ! Se plaignit Océane, la tête enfoncée dans la capuche de son pull-over rouge bordeaux.

 

Elle parvenait à suivre la foulée de Tarik tant bien que mal.

 

Tu m’étonnes… On va attraper la crève si ça continue… Et des ampoules aussi. Enchaîna Gabriel, plus à la traîne derrière ses deux compagnons de route.

 

Le jeune homme, dont le poids excédait la moyenne pour son âge et sa taille, n’était pas un grand sportif. Il ne l’était pas du tout en vérité.

 

Taisez-vous un peu et avancez. Allez ! Gronda Tarik quelques mètres devant eux, dans un soupir d’exaspération.

 

Gabriel était le parfait cliché du geek en surpoids, qui ne sortait pas beaucoup et qui aimait plus que tout au monde passer son temps sur les écrans, ceux quels qu’ils soient. Océane, elle, se révélait être l’incarnation de la jolie blonde, qui possédait un côté princesse agaçant et qui avait l’habitude de tout recevoir sur un plateau. Ces deux-là étaient de vrais champions lorsqu’ils s’agissait de se plaindre. Même si, en ce moment, ils avaient une raison suffisante de le faire : une averse torrentielle s’abattait sur le petit groupe depuis au moins un quart d’heure et celui-ci se retrouvait trempé jusqu’aux os.

Tarik, en revanche, ne faisait pas attention à la météo capricieuse. Des détails sans réelle importance, les hasards de la vie, songeait-il tandis qu’il accélérait le pas, bien décidé à dénicher un abri. Le ciel entièrement couvert devenait de plus en plus sombre, signe que la nuit n’allait pas tarder à tomber. Pour ne rien arranger à la situation, la pluie, jusqu’ici seule actrice de leurs désagréments, se transformait en tempête orageuse. On pouvait facilement sentir l’air lourd, chargé d’électricité. Soudain, un éclair déchira l’épaisse croûte nuageuse puis s’ensuivit le bruit caractéristique du tonnerre. Le craquement sourd résonna à travers les arbres de la forêt, dans laquelle les trois amis avaient pénétré plus tôt.

 

Fais chier, putain ! S’écria Océane dans un début de panique. Je déteste les orages…

 

Elle répéta cette phrase à l’identique dans un chuchotement frénétique, cinq ou six fois encore. Comme par réflexe, elle scruta la voûte céleste de long en large et y aperçut la foudre zébrer le voile menaçant qui s’étendait à perte de vue.

 

Là, regardez ! S’exclama à son tour Gabriel, dont l’index bien en chair désignait une vieille souche.

 

Coincée entre le sol boueux et un énorme rocher assailli par la mousse, cette dernière semblait assez large afin de les tenir au sec tous les trois. Sans plus attendre, Océane et Gabriel foncèrent se placer en-dessous. Tarik ne voulait pas s’arrêter mais il fut contraint de revenir en arrière, ne souhaitant pas non plus laisser les traînards en plan. Il vint s’accroupir à leurs côtés, sous la buche. L’environnement entier était plongé dans l’humidité ainsi que dans l’obscurité naissante.

L’énergique Tarik avait du mal à accepter le comportement de ses amis, lui qui ne se laissait pas abattre pour si peu. Élevé au sein d’une famille nombreuse, la vie ne l’avait pas gâté et il avait donc rapidement appris à se débrouiller. Son leadership naturel était certes rassurant mais son attitude de fonceur déplaisait tout autant à ses camarades. La pluie reprit de plus belle et l’orage ne semblait pas vouloir se calmer. Les gouttes d’eau étaient tellement grosses qu’on aurait pu croire à de la grêle. Tarik ne put s’empêcher de les blâmer, en douceur toutefois.

 

Sérieusement, vous êtes pas possibles. Je sais que la rando, c’était mon idée à la base. Mais quand même… vous étiez chauds vous aussi ! Je comprends pas.

Tu comprends pas ? Tu te fous de la gueule de qui ? Rétorqua Océane, les yeux au bord des larmes.

J’avoue Tar… On voulait pas aller aussi loin, nous. Renchérit Gabriel, qui peinait à y voir derrière les verres embués de ses lunettes. Perso, j’en avais marre à partir du champs de maïs qu’on a traversé tout à l’heure.

Il y avait une sortie qu’on aurait pu emprunter après le chemin de terre qu’on a longé. Se défendit Tarik, conscient qu’il en avait trop fait. Vous auriez dû me le dire à ce moment-là.

 

D’un geste brusque, Océane poussa son ami dans une flaque d’eau aussi brune que la terre qui l’entourait, avant de répondre :

 

T’es vraiment qu’un idiot, ma parole ! Gab et moi, on a insisté pour que ça se termine à cet endroit précis ! Mais comme d’habitude, monsieur n’écoutait pas !!

Océ.. Je.. Bafouilla le garçon, qui ne savait plus où se mettre.

Non ! Je vais faire comme toi et ne pas écouter ! Je ne veux pas entendre tes excuses… Articula-t-elle dans un sanglot. Et avec cet orage, j’aimerais ne plus pouvoir entendre du tout !

 

La jeune fille, apeurée par le bruit incessant des éclairs, se leva d’un bond et détala à travers la végétation, comme un lapin aveuglé par les phares d’une voiture. Tarik voulut se lever à son tour et la rattraper, mais Gabriel l’en empêcha en le retenant par son épaule.

 

Qu’est-ce que tu fous, putain !? Objecta le leader du groupe. Il ne faut pas la perdre !

Tu sais très bien qu’elle n’ira pas loin. Argumenta son ami. Et je pense qu’elle préfère être tranquille, pour l’instant. Laissons-la un peu.

Pas moyen. Tu peux rester là si tu veux mais moi, je vais la chercher.

 

Tarik s’était à peine élancé que Gabriel, lui aussi sur ses deux pieds, l’interpella :

 

Attends ! Tu vas me dire que tu n’as jamais remarqué ?

Remarqué quoi ? Demanda-t-il en se retournant, légèrement intrigué.

Océane est astraphobe, Tar. Je croyais que tu le savais. Ou que tu le verrais au moins.

Astraquoi ? Cracha-t-il en faisant la grimace. Merde Gab, parle français !

Elle a peur de l’orage et des éclairs, abruti ! Ça ne t’a pas sauté aux yeux ?

 

Par dépit, Tarik se prit la tête entre les mains. Il venait de se rendre compte de sa stupidité. Il était tellement focalisé sur la réussite de cette journée qu’il en avait été négligeant. Selon lui, son plan pour séduire Océane s’avérait infaillible et, normalement, elle aurait dû tomber sous son charme. Mais il constatait à présent, dans l’obstination qui le caractérise, qu’il avait tout fichu par terre.

 

Tu sais, je voulais lui montrer la vue sur les collines, juste après cette forêt. Confessa-t-il en lâchant un petit rire de déception. Elle aurait été ébloui et là, je l’aurais enlacée… C’était censé être un moment magique, le moment où j’aurais enfin pu lui révéler mes sentiments.

 

Gabriel avança jusqu’à lui, posant de nouveau sa main sur son épaule, de manière compatissante cette fois-ci.

 

Le Tarik que je connais ne baisse pas les bras. Assura-t-il. On n’est pas encore rentré, ce n’est pas fini. Tu peux encore faire ce que t’avais prévu de faire.

 

Tarik acquiesça en silence, apaisé par les sages paroles de son compagnon. Et comme si le ciel voulait donner son accord, la tempête, qui faisait rage depuis une bonne dizaine de minutes, se tut d’un seul coup. La pluie, quant à elle, avait baissé en intensité.

 

Crois-moi, je sais ce que tu ressens.

Merci Gab. T’es un vrai pote !

 

Puis il tourna à nouveau les talons, déterminé à retrouver Océane.

 

Allez ! Tu viens ?

Oui… Je sais ce que tu ressens. Dit Gabriel à voix basse, refoulant au passage ses propres sentiments.

 

Comment la bête pouvait-elle séduire la belle, lui qui a toujours été complexé par son poids. A moins de se prendre en main, tout ce qu’il pouvait faire, c’était fantasmer ; car la vie est loin d’être un film romantique et il savait au fond de lui qu’il n’avait aucune chance face à Tarik. C’est pourquoi il s’était résolu, depuis longtemps, à l’encourager et à l’aider à conquérir le cœur de leur amie commune. Et bien qu’il ne s’agissait pas d’une situation enviable, il aimait se voir comme un Cyrano des temps modernes.

Gabriel revint soudain à la réalité car il devait rejoindre Tarik, déjà hors de vue, et chercher après la fuyarde. Il aperçu sa carrure élancée après avoir sué toute l’eau de son corps et un sprint difficile au milieu des racines, des fougères et autres obstacles naturels.

 

Hé ! Attends moi ! Cria-t-il dans l’espoir qu’il ralentisse le pas.

Elle n’a quand même pas fait tout ce chemin… Si ? S’interrogea Tarik en se grattant le cuir chevelu.

 

Gabriel arriva à sa hauteur, se pencha en avant, posa ses mains sur les genoux et souffla du mieux qu’il put afin de reprendre sa respiration.

 

Je crois que.. j’ai failli vomir.

Ça va aller ?

Ouais.. ouais. Bien sûr que ça va aller.

 

Un cri strident résonna subitement, perçant la nuit et leurs tympans. C’était clairement un cri féminin, angoissant, comme si l’on venait d’infliger une torture à quelqu’un. Les garçons étaient proches : ils se mirent à courir dans sa direction. Leur course déboucha sur un chalet, entièrement fait de rondins de bois, situé sur un terrain vague. Océane était recroquevillée non loin du mystérieux endroit.

 

Te voilà ! Lança Tarik en se précipitant vers elle, suivi de Gabriel.

 

Les deux amis furent soulagés, de même que la jeune fille, qui réprima une larme et s’excusa auprès d’eux.

 

Ne recommence jamais ça, s’il te plaît. Ordonna Tarik en laissant échapper un rire nerveux.

Promis. Fit-elle en plissant les yeux et en leur souriant.

Pourquoi est-ce que tu as hurlé ? S’enquit Gabriel, curieux et inquiet à la fois.

Ce n’était pas moi… Vous l’avez entendu vous aussi ?

 

Océane ne leur mentait pas. Elle aurait pu leur jouer un tour pour se venger, elle en était capable. Mais elle disait la vérité ici car elle n’avait aucun intérêt à mentir sur ce cri provenant de nulle part. Et elle n’était pas bonne comédienne, en plus de ça.

Tarik et Gabriel échangèrent un regard perplexe, abasourdis par cette révélation. Puis les trois se tournèrent vers ce chalet, également sorti d’on ne sait où.

 

C’est drôle mais je n’ai pas le souvenir d’avoir repéré une quelconque habitation dans le coin, sur le GPS tout à l’heure. Commenta Gabriel, les yeux fixés sur l’étrange et rustique demeure.

Et on n’a pas de réseau pour vérifier. Se lamenta Océane en éteignant son téléphone portable.

On s’en fout. Prononça fermement Tarik. On ne va pas rester plantés là, au beau milieu de cette forêt, à attendre que le jour se lève.

Alors.. t’es en train de proposer qu’on entre à l’intérieur ?

Exactement, mon pote !

Passez devant les gars.

 

Tarik et Gabriel s’échangèrent un nouveau regard perplexe, un peu amusés par la situation cette fois. Ils n’allaient pas l’être bien longtemps.

 

Je ne vais plus vous fausser compagnie. Plaisanta Océane, qui se remettait de ses émotions.

 

Puis la jeune fille ferma la marche. Tarik s’apprêta à pousser la porte, elle aussi constituée du même bois, lorsqu’il stoppa net son action. Gabriel n’avait pas anticipé et lui rentra dedans.

 

On peut savoir ce qui t’arrive ? Quémanda-t-il en remettant ses lunettes sur son nez.

Chhht…

Quoi ? Mais..

Tais-toi, Gab ! Le coupa Tarik, sur ses gardes. Vous les entendez ?

Entendre quoi ? Frémit Océane, qui se colla à son voisin de devant, tout gêné.

Des chuchotements.

 

A peine l’eut-il indiqué à ses amis qu’il ouvrit la porte en grand, comme s’il s’attendait à découvrir quelque chose ; ou à surprendre quelqu’un. Gabriel, qui connaissait Tarik mieux que n’importe qui, savait que ce dernier ne faisait jamais de blague de mauvais goût. Mais il ne pouvait pas le croire puisqu’il n’avait pas lui-même entendu ces murmures. Il l’incita à avancer, appuya sur l’interrupteur en passant l’évasure de la porte et la lumière révéla la pièce ainsi que son état de délabrement.

 

Laisse-moi te dire que tu délires, mon pote. Ce chalet n’a pas dû être habité depuis des lustres.

Je sais ce que j’ai entendu, d’accord ? Et puis, d’ailleurs, c’est pas toi qui aime toutes ces histoires surnaturelles sur les fantômes, les loups-garou ou je ne sais quoi ?

On n’est pas dans Twilight !

Silence, vous deux ! S’imposa Océane. Ce que vous pouvez être pénibles, je vous jure.

 

Une fois le calme revenu, elle se laissa littéralement tomber sur le vieux canapé déchiré qui trônait au centre de la pièce. Un nuage de poussière se souleva autour d’elle et Gabriel attrapa une quinte de toux.

 

Fais chier ! Mon allergie… Maugréa-t-il en sortant son paquet de mouchoir.

En même temps, à quoi n’es-tu pas allergique ? Ironisa-t-elle, la tête penchée en arrière.

C’est petit, Océ… Mais bonne question.

Quand vous aurez fini de faire mumuse les enfants, vous serez peut-être ravis d’apprendre qu’il n’y a personne ici. Déclara Tarik, qui revint dans la pièce après avoir fouillé le reste du chalet.

OK, monsieur le rabat-joie ! Répliqua aussitôt Océane, en insistant particulièrement sur le premier mot.

 

Gabriel tira la chaise à côté de lui et s’assit en s’épongeant le front.

 

Ouf… Donc ça veut dire qu’on va pouvoir patienter sagement dans ce vieux chalet.

Hé.. Attends, Gab ! S’exclama la jeune fille, en proie au dégoût. Ce ne serait pas le mouchoir avec lequel tu.. Oh non, c’est dégueulasse !

Putain de merde, t’as raison ! S’agita le concerné en jetant son kleenex par terre.

 

Tarik expira tout l’air de ses poumons et vint s’asseoir sur le canapé, près de celle qu’il espère conquérir.

 

Bon ! Je sais pas vous mais moi, je meurs de faim. Fit-il observer sur un ton plus agréable.

 

Il s’inclina vers Océane, le regard charmeur accompagné d’un grand sourire, comme un animal en pleine parade nuptiale. Gabriel jalousait cette insolente assurance avec laquelle Tarik parvenait à dérouler son jeu de séduction.

Océane ouvrit la bouche pour répondre mais aucun son n’en sortit, car elle retint sa respiration ; elle écarquilla les yeux et son pouls s’accéléra lorsqu’elle entendit distinctement des chuchotements, aussi effrayants que perturbants. Ceux-ci paraissaient tout proches. Tellement proches qu’elle aurait pu croire qu’on lui soufflait des incantations à l’oreille.

 

STOP !!! Beugla-t-elle pour les faire taire.

 

Tarik fit un bond sur le côté, déconcerté par sa réaction.

 

Va falloir que tu nous expliques là… S’exprima-t-il avec prudence, toujours à l’autre bout du canapé.

Les.. les murmures.. Je les ai entendus. Avoua-t-elle à son tour.

 

Puis ils crièrent en chœur lorsque la lumière s’éteignit soudainement. Un vent fort s’était levé et frappait contre les carreaux. Tarik serrait Océane dans ses bras et elle ne le lâchait pas.

 

La lumière ne revient pas. Et l’interrupteur ne fonctionne plus. Remarqua Gabriel, étonnement plus calme que les deux autres. On fait quoi ?

J’en sais rien… On va juste attendre que ça passe et après.. on verra.

 

Cela n’arrivait pas souvent mais pour une fois, Tarik n’avait pas de solution à leur offrir et ne savait pas comment réagir face à ces phénomènes déstabilisants. Sous l’effet de la peur, Océane demeurait muette.

Et alors que le chalet semblait retrouver sa tranquillité, la porte s’ouvrit tout à coup. Dans le fracas d’un éclair, les adolescents pouvaient distinguer une silhouette, assez fine, de petite taille. Elle entra à l’intérieur puis pencha la tête à soixante-dix degrés, voire plus.

A cet instant, ils virent nettement mieux : la forme en question était une fillette, pas encore âgée d’une dizaine d’années. Elle avait les cheveux gras et longs, tombant sur son front et couvrant une partie de son visage, pâle comme un cadavre. Elle était habillée d’une simple robe, déchirée de partout et couverte de salissures, et tenait un ours en peluche dans sa main gauche.

Les cris de suppliciés reprirent et les décibels montèrent d’un cran. Il n’en fallut pas plus pour que les trois amis s’enferment dans la cuisine et barricadent la porte avec la table à manger. Choqué par cette vision d’horreur, le trio, dos à dos, se laissa glisser sur le sol et tenta de comprendre ce qui venait de se passer.

 

Qui aurait cru qu’ils existaient vraiment… Les fantômes. Capitula Océane, qui n’en revenait pas.

Ouais, c’est une vérité plutôt difficile à avaler. Ajouta Gabriel.

Arrêtez vos conneries ! Protesta Tarik, qui ne voulait pas y croire. Des fantômes, vous dîtes ? Comment c’est possible !?

Tu l’as vue comme nous, cette petite. Non ?

C’est sûrement quelqu’un qui nous fait une farce. Ouais, voilà… Ça doit être ça. Essaya-t-il de raisonner.

 

Océane se tut. Elle n’avait pas l’intention de le contrarier et, manifestement, il avait besoin de se détendre. Elle posa sa tête sur le buste du jeune homme et profita du silence qui régnait. Plus de tempête, plus de vent, plus de dispute et surtout, plus de fantôme de fillette ou peu importe ce dont il s’agit en réalité. Parce qu’au final, ils n’en savaient strictement rien, et ils ne voulaient pas le savoir.

 

Puisqu’on parle d’apparitions, réfléchit Gabriel, ça me fait penser que j’ai déjà entendu des histoires sur cette forêt. D’ailleurs, on l’appellerait le Bois aux Murmures ou quelque chose de ce genre.

Et c’est maintenant que tu te décides à nous le dire ? Grommela Tarik.

Hé hé… Désolé. En fait, je viens seulement de m’en rappeler. S’excusa-t-il embarrassé.

 

Exténués par leur longue et pénible aventure, les trois amis ne tardèrent pas à s’endormir, toujours collés l’un à l’autre. La nuit noire laissa place à la lumière du jour. A leur réveil le lendemain, le chalet dans lequel ils s’étaient abrités avait disparu. L’endroit était resté le même, arbres et terrain vague compris, mais on y trouvait plus aucune trace de l’habitation.

Bien sûr, Océane, Tarik et Gabriel se posèrent encore plus de questions que la veille. Mais beaucoup plus qu’obtenir des réponses, ils souhaitaient par-dessus tout rentrer chez eux. Et tandis qu’ils entamaient la marche qui les ramèneraient à la civilisation, on les observait quitter les lieux, derrière les fourrés. La fillette enleva une mèche de cheveux qui la gênait et, les yeux injectés de sang rivés vers ces intrus, elle les regardait s’éloigner.

 


 

J’ai mis un peu plus de temps à l’écrire que je ne l’avais prévu. Mais voilà qui est fait ! Cette nouvelle signe mon retour et la reprise d’activité du blog.

Pour ceux qui me lisent depuis le début, vous aurez certainement reconnu le clin d’œil à l’une de mes précédentes nouvelles, dans la même veine que celle-ci. Sinon, je vous mets le lien directement, vous n’aurez qu’à aller jouer les curieux. Il y a peut-être même une toute petite référence de rien du tout à cette nouvelle-ci : https://suivresesreves.com/2017/08/26/nouvelle-mince-frontiere/

Sur ce ! Je vous donne rendez-vous pour le prochain article. D’ici là, portez-vous bien. Et faites attention aux chalets mystérieux si vous êtes en pleine forêt, je vous aurais prévenu…

 

Puissiez-vous atteindre vos objectifs 😉

2 commentaires sur “Nouvelle : Astraphobie

Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :