Réflexion : Pauvre France

Salut les Rêveurs !

 

Que ceux qui pensent que je vais parler ici de politique – ou d’un autre sujet qui pourrait tout aussi bien fâcher – fassent demi-tour. Cela fait bien longtemps que j’ai compris à quel point il était dangereux et futile de nager dans de telles eaux troubles (et c’est avec plaisir que je laisse les débats interminables du genre aux personnes qui n’ont pas peur ou qui se fichent de perdre leur temps).

Il s’agit plutôt d’une réflexion sur cette victoire finale de l’Équipe de France lors de la Coupe du Monde 2018. Et surtout, j’étais curieux, j’attendais même, de jeter un œil sur les réactions qu’elle susciterait au sein du peuple français, toutes classes sociales confondues. Je vous donne mon ressenti dans le texte ci-dessous. Si jamais je m’éparpille un peu, ne m’en voulez pas, c’est la première fois – de manière aussi sérieuse du moins – que je m’essaye à ce type d’exercice.

 


 

Pauvre France

 

Après avoir constaté les retombées de la victoire française, après en avoir discuté longuement avec mon entourage, après avoir lu des articles plus ou moins intéressants, à droite à gauche sur internet, après avoir observé bon nombre de comportements… J’ai eu l’envie soudaine de me pencher plus en détail là-dessus et d’analyser avec vous ce qu’il ressort de cette lutte pour ce trophée si particulier qu’est la Coupe du Monde de la FIFA !

Premièrement, ce qu’il faut bien comprendre, c’est que gagner la Coupe du Monde, cela signifie l’obtention du Graal dans la carrière de chaque joueur professionnel qui se respecte. Tous les amoureux de ce sport ne me contrediront pas : on la veut entre nos mains, pour pouvoir la soulever, et on voudrait même l’embrasser comme l’a fait Kyky (surnom affectif de Kylian Mbappé pour ceux qui ne suivraient pas). Image à l’appui :

 

KMB
Hé, très franchement… N’est-elle pas superbe cette coupe ?

 

Deuxièmement, il faut également savoir que depuis la création de la célèbre compétition, en 1928, en France donc, seules huit équipes nationales ont connu ce privilège, ont trouvé la force et le courage d’aller au bout et de pouvoir ainsi parader avec le trophée tant convoité.

En l’occurrence, les huit chanceuses du football mondial sont l’Uruguay (en 1930 et 1950), l’Italie (en 1934, 1938, 1982 et 2006), l’Allemagne, ancienne RFA (en 1954, 1974, 1990 et 2014), le Brésil (en 1958, 1962, 1970, 1994 et 2002), l’Angleterre (en 1966), l’Argentine (en 1978 et 1986), l’Espagne (en 2010) et la France, qui termine pour la seconde fois championne du monde (en 1998 et 2018). Cinq autres pays sont parvenus à se hisser en finale, échouant cependant à une petite marche du rêve absolu : la Tchécoslovaquie (en 1934 et 1962), la Hongrie (en 1938 et 1954), la Suède (en 1958), les Pays-Bas, qui comptent le triste record de finales perdues (en 1974, 1978 et 2010) et la Croatie (en 2018), qui aurait pu devenir le neuvième vainqueur – et un joli vainqueur – d’une Coupe du Monde mais qui a fini par plier face à des Bleus concentrés et revanchards suite à cet Euro 2016 inachevé, frustrant (on va y venir à nos Bleus).

Pas besoin de vous faire un dessin ; en presque quatre-vingt dix ans d’existence, ce n’est pas énorme. Et cela prouve notamment à quel point la compétition la plus prestigieuse à l’international demande de la préparation et du niveau si l’on espère triompher des meilleures nations du foot, à quel point il est difficile de creuser son trou au milieu de ces géants. Désolé de faire un peu d’Histoire mais c’était un passage nécessaire, afin de réellement saisir les enjeux d’un tel événement.

Maintenant, venons-en précisément à ce qui nous importe, venons-en au croustillant ! Et autant vous le dire de suite : au diable la langue de bois. Tout d’abord, sachez que je n’apprécie pas vraiment le titre que j’ai choisi pour nommer cet article… Quelque part, c’est stupide n’est-ce pas ? *petit rire gêné*

En fait, c’est simple. Je le trouve pertinent et il est en phase avec la réalité ; c’est pourquoi, malgré mes réticences premières, j’ai décidé de le garder. Mais alors, pourquoi ce titre ? C’est vrai, j’aurais pu écrire « Belle France » ou encore « Brave France »

Là aussi, c’est très simple en vérité. L’appellation « France » ne concerne en aucun cas les joueurs de notre équipe nationale, elle vise directement les français eux-mêmes, ces champions de l’ingratitude. Vous connaissez le dicton : « La critique est aisée mais l’art est difficile » ? Et bien, les français (au moins sur ce coup) incarnent cette formule à la perfection. C’est justement le propos de ma réflexion.

Laissez-moi vous resituer le contexte : l’Équipe de France se pointe au Mondial 98, chez elle, sans endosser le costume de grand favori puisqu’elle revient de loin. En effet, elle n’était pas parvenue à se qualifier pour l’édition de 1994, en encaissant cette défaite crève-cœur face à la Bulgarie, dont les plus vieux d’entre nous se souviennent toujours. C’est sous le feu des critiques (le sélectionneur Aimé Jacquet est la cible principale des médias en raison de ses choix) et d’apparence douteuse que cette équipe, emmenée par son capitaine Didier Deschamps, entame la compétition.

Seulement, voilà. Au fur et à mesure que la tension monte et que les matchs s’enchaînent, c’est un groupe soudé, généreux, plein de ressources et qui, finalement, ne doute pas que l’on peut voir à l’œuvre et qui finit par remporter le trophée « à la maison ». Ceci face à la nation du football, le pays le titré de ce sport, le Brésil himself. Ensuite, nous avons eu le droit à l’euphorie que l’on connaît. Cela ne vous rappelle rien ? Allez-y, faites-vous plaisir. Comparez avec cette année. Les similitudes ne manquent pas !

Ce que j’ai vu, moi, je vais vous le dire. Clairement. J’ai vu arriver une Équipe de France avec un niveau de jeu incertain et critiquée de tous les côtés. Notamment DD et les choix qu’il a dû faire afin de composer son groupe… Tiens tiens ! 🙂

Certes, les matchs de poule étaient peu rassurants et même décevants, parce qu’on attend à chaque fois énormément de cette équipe et parce que, avouons-le, on place nos espoirs de victoire et de célébration sur les épaules de ces petits gars. Combien ont cru en eux à ce moment-là ? Combien ont cru en la possibilité qu’ils puissent rééditer l’exploit de 1998 ? Trop peu et c’est plutôt ça qui est décevant.

Et ensuite, savez-vous ce que j’ai vu ? Ce que nous avons tous vus de nos propres yeux ? On a vu un parcours propre et pratiquement sans bavure des Bleus. On les a vus s’arracher contre des Argentins de la dernière chance (notre match référence où le déclic s’est produit), maîtriser des Uruguayens qui n’ont pas su palier l’absence de leur meilleur attaquant, su contenir et faire mal à des Belges au jeu pourtant flamboyant puis se montrer plus redoutables et plus lucides face à des Croates qui n’ont jamais lâché. Impossible de le nier, nous avons tous été des témoins de ce cheminement impressionnant des Bleus.

Mais, en dépit de la victoire finale, toutes les catégories d’éternels insatisfaits ont été représentées. Ils étaient tous au rendez-vous, prêts à dégoupiller. Les rageux, qui n’ont d’autre solution que de lâcher des conneries et déverser leur haine pour montrer qu’ils existent, les personnes qui croient tout savoir et qui souvent se prennent pour des fins connaisseurs, alors qu’ils ont à peine plus de bagages techniques que Christian Jean-Pierre (repose en paix Thierry Gilardi), les jaloux et les racistes qui ne se cachent même pas et se permettent de l’ouvrir (coucou la « presse » italienne), les professionnels qui n’ont rien de professionnel et qui se disent journalistes (recoucou la « presse » italienne), les mauvaises langues qui se masturbent lorsqu’elles ont atteint un certain degré de trollisme et les gros beaufs qui n’éprouvent aucune honte à s’afficher sur les réseaux sociaux, comme si on allait les applaudir ou les encenser.

Oui, ils étaient tous présents. Et oui, on aurait largement pu s’en priver ; on aurait bien aimé s’en passer d’ailleurs. M’enfin ! On va dire que ça justifie un peu plus mon intervention aujourd’hui ! Je me suis demandé plusieurs fois comment les gens pouvaient être aussi cons tellement c’en était désespérant… Mais je ne veux pas faire de généralités, je suis conscient que ce n’est pas le cas de tout le monde.

Au-delà de ce constat inquiétant, il y a une chose que je retiens plus que le reste et qui m’a presque choquée, en tant que compétiteur : c’est l’état d’esprit réducteur d’une partie des français (attention, là encore je cible une minorité en particulier). Je me pose une question, assez intriguante vous en conviendrez sûrement. Comment au juste peut-on clamer que l’on est un fervent supporter si l’on ne croit qu’à moitié aux capacités de nos joueurs, voire pas du tout ? Comment peut-on déclarer son soutien à notre équipe si l’on n’est pas un minimum réaliste ? Bon, ça fait deux questions mais on s’en fiche pas mal !

A tous ceux-là, je leur dirais simplement d’arrêter d’être négatif, de faire la part des choses et qu’on n’a pas le droit de tomber dans le défaitisme. Chassez vos craintes, que je peux légitimement comprendre étant donné les circonstances passées, et oubliez les pronostics hasardeux. Notre boulot, à nous français, c’est de se tenir derrière l’Equipe de France comme il se doit et, en qualité de douzième homme, l’encourager jusqu’au bout. Parce que, pour ceux qui n’auraient toujous pas capté, le sport est un phénomène socio-culturel fédérateur (qui rassemble les foules) et le football est le sport le plus populaire au monde, le plus à même d’unir un peuple tout entier, au moins le temps d’une nuit de folie.

Une victoire en Coupe du Monde, cela faisait vingt ans qu’on l’attendait ! C’est quelque chose d’unique et plein d’émotions, que je voulais vivre personnellement une fois dans ma vie ! C’est quelque chose dont on se souviendra trèèès longtemps, que l’on pourra raconter, si tout se passe bien, à nos enfants et à nos petits-enfants ! Oui, on pourra déclarer avec plaisir, non sans une pointe de nostalgie : 《 Je me souviens parfaitement où j’étais ce dimanche 15 juillet 2018 et ce que je faisais à ce moment-là

Putain ! C’est exactement pour cette raison qu’on regarde du sport, pour cette magie des grands moments, pour trembler et vibrer ensemble !! Et si vous n’êtes pas d’accord, je ne sais pas ce qu’il vous faut. Car même si on ne regarde pas le foot – on peut ne pas aimer, c’est tout à fait concevable – on finit toujours, en règle générale, par attraper la fièvre de ce qu’on appelle la liesse populaire. L’homme étant un être sociable, célébrer un événement commun avec ses pairs lui procure assurément un bonheur qu’il est difficile de contenir (vlà qu’il fait de la philo le mec… que quelqu’un le fasse taire).

Je voudrais, désormais que mon petit coup de gueule est passé, me détacher de cette mentalité de loser qu’on a pu voir autour de nous et ne retenir que l’essentiel.

L’essentiel, me demandez-vous ? Mais merde ! Ils l’ont fait ! Les Tricolores cru 2018 ont imité leurs aînés, qui n’ont d’ailleurs pas tari d’éloges à leur sujet, et sont eux aussi entrés dans l’histoire de leur sport ! Et, au fond, peu importe la manière : l’objectif a été atteint, le rêve s’est concrétisé. Alors fuck à tous les détracteurs de cette belle, jeune et grande équipe qu’a su constituer Didier, en véritable meneur d’hommes, (amplement mérité.. je suis content pour lui) et à tous ceux qui n’ont pas su apprécier le jeu des français à sa juste valeur.

Les représentants de notre pays sur le terrain ont fait ce qu’il fallait pour soulever la coupe et, bien sûr que non, le titre de champion du monde n’a pas été usurpé. Ils ont été costauds défensivement, solides mentalement, efficaces offensivement et très bons collectivement. Ils ont montré qu’ils avaient appris de leur échec deux ans plus tôt, qu’ils avaient du coeur et que le groupe, seule superstar sur le terrain, comptait beaucoup plus que les individualités. Ils n’ont jamais abandonné, ont toujours cru en leurs forces et ont misé sur leur fierté tout autant que sur leur discipline. Sans oublier ce léger facteur chance qui sied naturellement aux grands champions. Et vous savez quoi ? J’ai adoré les suivre, du début jusqu’à la fin de cette magnifique aventure !

On aura passé de chouettes instants devant nos écrans. On retiendra les arrêts sortis de nulle part de notre super gardien, l’accélération de malade de Mbappé face à l’Argentine, la « frappe de batard » de Pavard (comme le dit la chanson à son honneur), élu plus beau but du tournoi, face à cette même Argentine, le comportement de leader et d’energizer de Pogba, peut-être celui qui m’a fait le plus kiffer au final, les frasques vidéo de Kimpembé, le comique de la bande, la moustache porte-bonheur de Rami, Kanté la machine, le surhomme, la tête salvatrice d’Umtiti et sa danse hilarante dans la foulée, le soulagement (parce qu’il faisait chaud en plus ce jour-là) après les frappes de Pogba et Mbappé, qui ont inscrit respectivement le troisième et quatrième but de cette finale et… la libération tant espérée au dernier coup de sifflet, les joueurs et le staff courant, dansant, chantant sur la pelouse, sous la pluie et les confettis dorés, synonymes de sacre suprême.

Merci Hugo, merci Steve, merci Alphonse, merci Raphaël, merci Samuel, merci Benjamin (Pavard), merci Benjamin (Mendy), merci Presnel, merci Lucas, merci N’golo, merci Blaise, merci Paul, merci Antoine, merci Ousmane, merci Kyllian, merci Olivier, merci Nabil, merci Florian, merci Adil, merci Corentin, merci Steven, merci Thomas, merci Djibril. Merci à toute cette génération en or ! Notre histoire n’est pas terminée, on se donne rendez-vous en 2020. Et en 2022, allez 😉

Surtout, n’hésitez pas à vous le rappeler, répéter et marteler : la France est championne du monde. Qu’est-ce qu’il fait un bien fou ce titre !!!

 

_______________

 

Voilà qui est fait… Fiou ! Je ressentais expressément le besoin de coucher toutes mes pensées à ce propos sur papier (ouais, sur ordinateur, jouez pas sur les mots). A présent, j’ai le sentiment du devoir accompli. Héhé.

Merci de m’avoir lu ! Je vous donne rendez-vous en août pour la suite. Avec un programme toujours fidèle à lui-même : des nouvelles à suspense, des perles de sagesses, des articles spéciaux, des sources d’inspiration et autres histoires passionnantes !

 

Puissiez-vous atteindre vos objectifs… Et quel meilleur exemple que nos Bleus cette année 😉

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