Nouvelle : Celui qui m’observait (3)

Hello les Rêveurs !

 

Voici la conclusion du jeune voyeur qui ne faisait qu’observer (on peut même dire espionner à son niveau) sa voisine. Je ne vais pas vous assommer avec de longues phrases bien construites et des apartés sans réel intérêt, on va directement passer à notre histoire, si vous le voulez bien 🙂


 

Celui qui m’observait (3)

 

Et c’était ainsi la plupart du temps, un vrai chassé croisé dû à nos nombreux passages l’un devant l’autre. Difficile de ne pas se voir lorsque l’on sait, en effet, que notre établissement scolaire ne possède qu’un seul et malheureux étage, en plus d’une petite – pour ne pas dire minuscule – cour à l’intérieur des murs. Sa vision hypnotique m’était donc inévitable et cela rendait les choses encore plus compliquées.

En rentrant chez moi le soir, sans perdre une seconde, je reprenais mon activité favorite depuis huit mois. Ou peut-être bien neuf désormais. Allez savoir, j’ai perdu toute notion que pourrait représenter la durée d’une journée normale. Mon quotidien se confond dans le sien. Et je ne m’en plains pas, non. Loin de là. Mais alors… Serait-ce du masochisme ? La question mérite d’être posée en tout cas ! Haha.

Ce que je préfère, s’il y a bien un moment que je préfère « avec elle » (vous avez compris), c’est quand elle sort de la douche, souvent avant d’aller souper, vers 19h15 – 19h20. A chaque fois, je me dis que c’est vraiment dommage qu’elle n’ait pas un accès direct à sa salle de bain dans sa chambre, que je ne puisse pas en profiter un peu plus. Dieu, ou peu importe qui, aime jouer avec mes émotions. Mais, en vérité, je me dis surtout : « Voilà ! C’est à ce moment-là, ce moment si particulier, que tu es la plus belle créature qu’il m’ait été donnée d’observer. Terriblement sexy, parfaitement féminine. Au point de m’en rendre fou. »

Et je la vois déambuler tranquillement entre son armoire et sa commode, les cheveux toujours mouillés. Puis elle s’assoit sur le bord de son lit et les sèche rapidement avec sa serviette de bain. Elle n’a ensuite plus qu’à les brosser, avec délicatesse cette fois. Heureusement que je suis patient (et amoureux ?) parce que cette action, qui paraît minime, peut parfois s’éterniser. Comme je vous l’assure depuis le début, et tant pis si je radote, je ne m’en lasse jamais. Après ça, je m’endors paisiblement avec cette dernière image que je m’empresse de sauvegarder. Mon subconscient n’a plus qu’à faire le reste.

Ce schéma se poursuit à l’identique, des journées entières, pendant encore un bon mois. Tel un cycle destiné à se répéter à l’infini. Pour être honnête, cela ne m’aurait pas dérangé le moins du monde. Vous vous en doutiez hein ? Ouais. Sauf que ce cycle a été brisé en ce beau matin de début juillet. C’était clairement quelque chose d’inattendu. On venait d’entrer dans la période des grandes vacances et, comme d’habitude, je me préparais à moisir à la maison, jonglant entre diverses activités afin de m’occuper.

Évidemment, je comptais jeter mes coups d’œil routiniers du côté de chez la voisine. Mais si je vous ai dis juste avant que l’été représentait ma saison préférée, il se trouve qu’il existe une contrepartie à cet engouement… Les sorties. Et la belle en question sort plus souvent qu’à n’importe quel moment de l’année. Quoi de plus normal n’est-ce pas ? C’est tout à fait logique, je ne pouvais pas attendre d’elle qu’elle se comporte comme moi. Le parfait asocial. Du coup, si je ne squatte pas la fenêtre de ma chambre ou la lucarne de la salle d’eau (qui possède un joli point de vue), il me faut bien d’autres distractions.

Ce jour-là, le soleil se tenait haut dans le ciel et il n’y avait aucune trace de nuage à l’horizon. Une légère brise, agréablement tiède, faisait virevolter les feuilles des arbres. Les oiseaux du quartier donnaient un concert de sifflements. On se sentait tout de suite à l’aise et détendu dans cette atmosphère estivale. Malgré ces prémices, qu’on pourrait croire révélateurs aujourd’hui, je me levais comme à l’accoutumée, ne me doutant pas un seul instant de ce qui m’attendait. Lorsque j’ai ouvert mes volets, j’ai simplement pensé : « Dommage que je ne puisse pas sortir moi aussi »

J’enviais mes camarades du lycée et chaque adolescent qui allait pouvoir profiter des joies de l’été pendant un court instant, réfléchissais à ce que je pourrais faire à leur place. Puis je chassai ces idées négatives de mon esprit et me concentrais sur l’essentiel. En passant devant la fenêtre de la cuisine, alors que je m’apprêtais à prendre mon petit déjeuner en solo (mes parents étaient au travail), je vis la fille qui réside actuellement dans toutes mes pensées ouvrir ses volets à son tour. Accoudée sur le rebord, elle s’imprégna de l’air vivifiant auquel on avait droit en cette matinée ensoleillée. Son doux visage reflétait la sérénité qu’elle devait ressentir sur le moment. Il me suffisait de regarder son sourire envoûtant pour perdre pied.

Elle laissa sa fenêtre entrouverte et disparut à l’intérieur de sa chambre. L’instant magique était passé. Quant à moi : je filai manger mon bol de céréales, boire mon verre de jus de fruit et songer à ce que j’allais bien pouvoir faire ensuite. Mon père avait tondu la pelouse il y a quelques jours. Avec la météo si clémente, ne pas exploiter cette occasion en or aurait été une erreur, vous ne croyez pas ? Alors ni une ni deux, je suis allé chercher la dernière bande dessinée que je m’étais difficilement procurée sur internet et je suis sorti dans le jardin. Allongé sur le transat de ma mère, je me plongeais dans ma lecture.

Mais même lorsque j’essayais d’être occupé à autre chose qu’à l’observer, je ne pouvais m’empêcher d’en revenir à elle… C’était frustrant. Je ressassais notre situation respective et les espoirs que j’osais entretenir à ce propos commençaient à s’envoler les uns après les autres. Mon imagination foisonnante, c’était tout ce dont je disposais. Avec un comportement comme le mien, que pouvais-je escompter de plus ? Dans un lent et grave soupir, je ne m’inspirais rien que de la pitié. « T’es qu’un pauvre gars, sérieux… » finissais-je de m’achever. Je me sentais tellement mal que j’avais envie de rentrer m’enfermer dans le noir et couvrir ma honte grandissante sous les draps. Mais je n’avais pas le courage de bouger et je me contentais de rester amorphe, mon livre retourné sur le torse et ma tête renversée vers l’immensité de la voûte céleste.

 

Ouah… Quelqu’un est mort, on dirait ! Lâcha tout à coup une voix plaisante, qui provenait de derrière le grillage.

 

En me redressant, je la vis de nouveau. La voisine. Elle se tenait là, tout proche, à m’observer comme j’avais pu le faire ces derniers temps. Je ne sais pas trop si c’était la chaleur ou si c’était le fait d’avoir été surpris ainsi, par elle, mais j’ai viré au rouge en une fraction de seconde. Bon… En fait, je suis à peu près sûr de la source de ma gêne soudaine ; vous aussi, j’en suis sûr. Elle me lança un sourire grisant et je m’étonnai de parvenir à soutenir son regard. Son regard… Oh mon dieu !

 

Soit tu es muet, soit tu as perdu ta langue, soit tu ne souhaites pas engager la conversation avec moi. Se moqua-t-elle sans arrêter de sourire.

N.. Non, ce n’est pas ça. Articulai-je, de manière laborieuse mais néanmoins compréhensible. C’est juste que je ne suis pas très doué avec les filles.

 

Je n’avais aucune idée de la raison pour laquelle je venais d’avouer une telle chose. Je m’en veux car j’aurais dû faire le premier pas. Mais, en un sens, peut-être que ça m’a libéré. Maintenant qu’on était en train de discuter, je sentais la pression diminuer. Jusqu’à s’évanouir. Était-ce aussi facile que dans le cas présent ? Jamais je n’avais connu pareille légèreté, cette impression de réellement exister.

 

Je l’avais deviné tu sais. Toi, t’es plus doué en ce qui concerne l’espionnage. Me balança-t-elle franchement en pleine figure.

 

J’allais de surprise en surprise, je n’en revenais pas. Avait-elle compris depuis longtemps que je l’observais en cachette ? Du moins, c’est ce que je croyais jusqu’ici. M’avait-elle pris en flagrant délit durant un moment d’inattention de ma part ? Décidément, je n’en revenais pas.

 

Tu.. Comment.. Bafouai-je comme un imbécile.

Oui. Je me suis aperçu que tu avais les yeux baladeurs. Confirma-t-elle.

 

Son sourire s’était encore renforcé, ce qui la rendait encore plus attrayante.

 

Je ne vais pas te mentir. Reprit-elle sur un ton docile, presque affectueux. Je t’ai observé également. Tu m’as beaucoup fait rire. C’est comme si…

 

J’avais ce curieux pressentiment tout à coup. Je savais exactement ce qu’elle allait dire.

 

Comme si je te connaissais déjà.

 

Son regard avait changé. Je pouvais déceler les étoiles à travers le bleu de ses yeux. Nous avions prononcé ces mots simultanément. Et nous éclations de rire devant notre drôle d’exploit. C’est ainsi qu’un lien fort s’est tissé entre elle et moi. Un lien visiblement plus fort que de simples observations.

 

Huit mois et bientôt un an plus tard, la voisine était devenue ma voisine. Officiellement ! Et ouais ! J’étais ce jeune chevalier qui avait su gagner le cœur de sa princesse. Ou plutôt, dans ma vision personnelle des choses, nous étions comme Peter Parker et Mary-Jane Watson, comme Clark Kent et Lois Lane. En ce soir de mai, notre relation était au beau fixe et il était prévu que nous allions dîner dans un restaurant chic de la ville. Constatant que j’avais du mal à enfiler ma cravate, ma belle vint à mon secours.

 

Stressé ?

Un peu, oui. Confessai-je.

Détends-toi, ça va aller. Me rassura-t-elle en ajustant le dernier accessoire de mon costume. Mes parents n’ont jamais mangé personne. Si on oublie mon ex bien sûr.

Ah… Merci. Je suis pleinement détendu, grâce à toi.

De rien mon chéri.

 

Elle alla terminer de se préparer pour la grande soirée, après m’avoir embrassé sur la joue et m’avoir bien aidé. « Tu as toujours été habile de tes mains, comparé à moi » pensai-je. Cette fille était tout bonnement incroyable. Je suis d’abord tombé amoureux de son physique, c’est vrai. Mais ce que j’aime encore plus chez elle, c’est sa personnalité haute en couleur. Au fond, je me dis que j’ai vraiment eu de la chance ; qu’elle vienne d’elle-même à ma rencontre. C’est pourquoi je dois absolument être présentable ce soir, parce qu’il me faut aussi conquérir le cœur de ses parents.

L’instant d’avant, je contemplais ma copine se maquiller dans la glace et l’instant d’après, nous étions assis à la table que nous avions réservée trois jours plus tôt. L’attente interminable ne me ménageais pas et je tirais nerveusement sur ma cravate, tandis que la jolie blonde qui m’accompagnait et dont j’étais follement épris demeurait calme. Je ne savais pas quoi conclure de son silence. Était-ce un bon ou un mauvais signe ? C’est le moment que choisirent mes beaux-parents pour débarquer. Je me levai d’un bond et les saluai comme il se devait. Puis, en gentleman idéal, j’ôtai le manteau de madame et lui tirai sa chaise. Ensemble, nous nous assîmes, prêts à faire connaissance.

Ma chérie sortit alors de son mutisme et fit les présentations, de façon « plus ou moins appropriée », digne de ses meilleures répliques :

 

— Maman, Papa… Voilà Hugo. Celui qui m’observait.


 

Cela fait toujours autant plaisir d’écrire, et en particulier des romances ! Je m’y remettrai assez rapidement, mais pas tout de suite. Les futurs articles devraient traiter de tout autre chose.

 

A la prochaine, les amis. Passez un bon week-end !!

 

Puissiez-vous atteindre vos objectifs 😉

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