Nouvelle : Terreur Nocturne (1)

Coucou les Rêveurs !

 

Como esta amigos ?

Halloween est passé et on ne songe plus qu’aux fêtes de fin d’année désormais ! Mais bien que la célébration folklorique de la peur et de l’étrange soit derrière nous, et avant que la folie de Noël s’empare de nous tous, cette nouvelle aura un léger parfum de sueurs froides (d’ailleurs, le titre est un bon avant-goût de ce qui vous attend). Alors soyez prêts à plonger de nouveau dans le Fantastique et l’horreur… Bon, peut-être pas non plus.

C’est l’histoire de quatre amis qui souhaitaient passer des vacances inoubliables et qui allaient être servis, sans se douter une seule seconde de ce qui les guettait 🙂

Vous êtes sûrs de vouloir continuer la lecture ? Ou plutôt commencer ? Puisque vous y tenez…


 

Terreur Nocturne

 

« Vivement les vacances » ! Qui, dîtes-moi qui, n’a jamais utilisé cette expression ? Pour quelqu’un de normalement constitué, c’est tout simplement inconcevable. Cette expression, je l’ai pensée haut et fort durant l’année scolaire qui s’est écoulée. Et le souhait de chacun est à présent réalisé étant donné que nous sommes en pleine période des grandes vacances. L’été vient de débuter : Jessie, Ash, Amber et moi allions camper sur les rives du lac Athabasca, dans le nord de la Saskatchewan. Mon père y possédait un pavillon de chasse, rustique et suffisamment spacieux pour accueillir une famille entière, depuis des années. Lorsque Maman et lui ont divorcé, il y a de cela deux ans et des poussières, il est parti s’installer dans l’épaisse forêt qui entoure l’étendue d’eau la plus large et la plus profonde de la province. Aucun de nous n’était jamais allé camper, alors c’était une bonne idée de s’y essayer. On voulait tous partager des moments qu’on oublierait pas de sitôt.

Dès notre arrivée au camp, mon père nous accueillit de manière très chaleureuse, nous offrant un instant câlin à chacun pour l’occasion. Il est comme ça Papa, un gros nounours docile et barbu qui a bon fond. Sa façon de se comporter avec les gens en général me fait toujours rire tellement on croirait voir un grand enfant.

 

Tout s’est bien passé ? Le trajet n’était pas trop long ? S’intéressa-t-il en se tapotant le ventre.

Oui, c’était cool. Merci Monsieur Donovan, lui répondit Amber qui affichait son plus beau sourire.

Ha ha ! Tant mieux, tant mieux, enchaîna mon père en saisissant son fusil à l’arrière de son vieux pick-up rouillé. Il y a de la nourriture dans le frigo si vous avez faim, servez-vous. Moi, il faut que j’aille choper le repas de ce soir.

 

Ash était en admiration totale devant le gros calibre que transportait mon père dans son dos. « Une arme conçue pour abattre le plus lourd des bisons si celui-ci venait à charger » m’avait-il dit un jour, le doigt pointé vers le ciel tel un avertissement. J’étais encore en train de décharger nos affaires, avec l’aide de Jessie, lorsque Papa vint m’embrasser tendrement ; il n’avait même pas prêté attention à Maman. Ni une parole ni un regard.

 

On parlera à mon retour, ma puce. Je dois y aller avant que le soleil ne se couche, sembla-t-il s’excuser.

T’en fais pas, je sais. Vas-y, attrape-nous du gros gibier ! L’encourageai-je.

 

Puis il descendit la colline sur laquelle était perché notre lieu de résidence attitré et disparut à travers arbres et mousses. Lui qui avait toujours détesté la chasse pour le simple plaisir de l’homme préférait chasser pour le besoin, en cohésion avec la nature.

 

Eh ben dis donc ! Il a pas peur ton père, siffla Jessie à côté de moi pendant que nous le regardions s’éloigner. S’aventurer tout seul là-dedans… Il a des couilles, faut le reconnaître.

Serait-ce un aveu d’impuissance, mon cher ? Me moquai-je gentiment.

Un aveu de rien du tout ! Se défendit-il tant bien que mal, visiblement vexé par ma remarque.

 

Une fois qu’on eût débarrassé le coffre et dit au revoir à ma mère, cette dernière fit une manœuvre hâtive afin de se replacer correctement sur le chemin de terre qui nous avait amené à bon port. Avant de nous quitter et de laisser ici le temps de trois semaines, elle passa sa tête au carreau et s’égosilla :

 

Profitez-bien les jeunes ! Soyez sages ! Et fais attention à toi, Kate !!

 

Je soupirai devant la lourdeur de ma mère tandis qu’elle posa finalement le pied sur l’accélérateur. Les garçons prirent les sacs et nous rentrions à l’intérieur découvrir  nos quartiers pour les trois prochaines semaines donc. Nous avions à peine rangé et nous nous étions tout juste un peu occupés ensuite que l’après-midi était passé à une vitesse folle. Nous nous réunissions autour de la grande table dans la cuisine, un îlot central que mon père avait construit de ses propres mains avec le bois des environs, comme l’intégralité du chalet d’ailleurs. Amber, cuisinière hors pair, avait décidé de nous préparer des pâtes dont elle seule détient le secret. Et puisqu’on parle de Papa, celui-ci n’était pas encore rentré de sa chasse du jour.

 

Il est long ton père, non ? S’en inquiéta Jessie. C’est normal tu crois ?

Ça lui arrive de traîner, il n’aime pas revenir les mains vides, assurai-je. Il ne va sûrement pas tarder.

T’es sûre que ça va aller ? Insista-t-il.

Mais oui ! Répliquai-je alors sur un ton plus sec. Pourquoi ? Tu veux jouer au héros et le ramener ?

Et voilà qu’elle recommence !

Ça suffit vous deux, nous réprimanda calmement Amber.

Yo Amb ! Tu ferais une super maman tu sais ? la complimenta Ash avant de boire une gorgée de thé glacé.

 

Cette dernière posa la cuillère en bois sur le bord de la casserole et lui arracha la bouteille des mains.

 

Et toi, espèce de porc ! Tu peux pas prendre un verre comme tout le monde ? Gronda-t-elle.

Les hommes, je vous jure… Commentai-je, un peu amusée par la situation.

 

Globalement, ce fut un moment sympa. Nous mangions dans la bonne humeur. Pour faire plaisir à Amber, mais aussi et surtout parce que c’était exquis, aucun de nous ne laissa de restes. Pas même une bouchée. Personnellement, je m’étais régalée à m’en faire éclater le bide. Les garçons s’isolèrent dans leur chambre tandis que nous, les femmes de la maison, restèrent à bavarder de tout et n’importe quoi dans la grande pièce qui servait principalement de salon.

Les minutes défilaient et mon père ne donnait toujours pas de signe de vie. J’essayais de ne pas paniquer mais je ne pouvais pas m’empêcher d’imaginer le pire, moi qui suis pourtant assez zen en temps normal. Moins zen qu’Amber mais quand même ! Peut-être s’était-il perdu ? Peu probable car il fait attention à ne pas s’enfoncer trop loin dans la forêt. Alors peut-être s’était-il blessé, cassé une jambe ou je ne sais quoi d’autre ? Etant donné le côté prudent de mon père, cela m’étonnerait beaucoup. Vu la tête que je devais faire, ma meilleure amie devina le supplice qu’endurait mon esprit en une fraction de seconde.

 

On va le chercher si tu veux, dit-elle d’un air complaisant.

Non, je suis sûre que tout va bien et qu’il sera là d’une minute à l’autre, tentai-je de me rassurer en ne parvenant pas à masquer mon anxiété.

 

Ce n’était pas un mensonge très crédible de ma part mais cette forêt, la nuit, me foutait les jetons. D’ailleurs, je me souviens de cette fois-là, lorsque j’étais gamine et que mon père m’avait repris un soir à m’éloigner du pavillon. Il m’avait passé un savon que je ne saurais oublier et ses mots résonnent toujours à mes oreilles : « Ne sors jamais dehors la nuit Kate ! Cette forêt est hantée. »

Bon, évidemment, je comprends aujourd’hui que le « hantée » était exagéré, une expression bien trouvée pour me faire peur en tant que petite fille. Maintenant que je suis plus âgée, je suppose qu’il s’agit simplement d’une mise en garde parce que la zone doit contenir des prédateurs, quelque chose comme ça. Ou plein d’autres trucs qui ne donneraient franchement pas envie d’y mettre les pieds. En ayant cette pensée, je me rendais compte que mon père, malgré le fait qu’il soit la gentillesse incarnée, était plus courageux que je ne l’imaginais. Et comme il chassait depuis des années, que pouvait-il réellement lui arriver ? Ce m’avait rendue plus sereine… pour un court instant.

Tout à coup, alors que nous étions à la recherche de réseau, agitant notre téléphone dans les airs comme des satellites qui sonderaient l’espace afin de trouver des formes de vie, nous nous retrouvions dans l’obscurité partielle. La lumière de la lune perçait à travers les nuages et nous devions nous en contenter puisque la lumière artificielle avait été coupée.

 

Hein ? C’est quoi ça ? Une panne de courant ? Réagit Amber, aussi zen que je la connaissais.

J’en sais rien, il faut aller vérifier le disjoncteur. Il est dans le placard au bout du couloir. Bouge pas, fis-je d’un geste de la main, j’y vais.

 

Au moment où je me levai, un bruit sourd résonna quelque part dans le chalet. Je tentais de ne pas me laisser assaillir par l’angoisse. Après tout, c’était absurde : il n’y avait personne d’autre que nous ici.

 

Si c’est vous les mecs, je trouve pas ça drôle ! Prévins-je avec un tremblement dans la voix.

 

Évidemment, je n’obtins aucune réponse. Me faisais-je des idées ? Non, Amber l’avait entendu comme moi. Et ce même bruit refit écho au premier tandis que je contrôlais les interrupteurs.

 

Dépêche Kate ! Ça devient flippant là ! Cria Amber restée de l’autre côté.

Ouais, juste une sec..

 

Lorsque j’aperçus cette horrible tête squelettique dans entrebâillement de la porte à ma gauche, je poussai un hurlement que tous les habitants des environs perçurent sans doute.

 

Oh ! Du calme, intervint Ash derrière moi en rallumant la lumière. C’est nous !

 

Surprise à nouveau, je fis un bond et lui assénai une petite claque sur le crâne. Puis je vis Jessie apparaître, laissant tomber sa maquette grandeur nature du corps humain. Amber s’était joint au groupe.

 

Vous êtes vraiment des gros débiles sérieux ! Lança-t-elle, beaucoup moins zen que tout à l’heure, pendant que je reprenais mon souffle.

C’était juste une blague, détendez-vous, attesta Jessie qui riait toujours à moitié.

 

Je le giflai en guise de réponse, ne voulant pas user ma salive pour l’insulter de tous les noms. Ce dernier en resta bouche bée, finissant par accepter sa punition. Amber pouffa de rire devant le pauvre Jessie qui ne faisait plus le fier.

 

Ça y est ! Je suis détendue, affirmai-je de manière sadique.

Bref, les filles, reprit Ash pour couper court à cette ambiance puérile, on a trouvé un truc de fou dans la chambre. Venez !

 

Il nous invitait à le suivre. Sa demande aurait pu paraître étrange mais il n’était pas ce genre de pervers qui t’emmenait dans un lieu clos avec de vilaines arrières pensées. Pas notre adorateur de hard rock et de tout ce qui rappelle les année 80. Je me méfiais plus de Jessie par exemple, qui a des vues sur moi depuis longtemps mais qui est un coureur de jupons, ce que je ne supporte pas.

Dans la chambre des garçons, à la faible lueur de la lampe de chevet, Ash nous tendit un tas de papiers, à priori sans importance. Parmi eux se trouvaient des annotations gribouillées à la va vite et des symboles inconnus, peut-être des hiéroglyphes ou quelque chose qui y ressemble. Mais ce fut ces morceaux arrachés du journal local qui attirèrent particulièrement mon attention. L’un d’entre eux titrait : « Affaire des deux randonneurs disparus, leurs corps retrouvés mutilés et décharnés ». Pourquoi mon père garderait-il ce genre d’article ? Je décidai de le lire pour en apprendre plus sur cette histoire et comprendre ce qui l’aurait poussé à découper ces morceaux de journal. Les gens du coin avaient l’air de croire en l’existence d’un monstre affreux qui se cacherait dans la forêt et dévorerait ceux qui auraient le malheur de s’égarer. Je n’avais jamais entendu parler d’un tel conte.

 

Dîtes, interpellai-je mes amis. C’est quoi un Wendigo ?

 

Jessie me regarda d’un air intrigué mais cependant très sérieux. Pas cet air idiot qu’il prenait d’habitude pour plaisanter. Vraiment, son regard était concentré et on voyait bien qu’il cogitait.

 

Tu ne sais pas ce qu’est un Wendigo, Kate ? Me demanda-t-il, manifestement étonné. C’est une espèce de monstre infect qui se trouverait dans des coins reculés et dont on dit qu’il ressent toujours la faim. A la base, c’est une légende de certaines tribus amérindiennes qui croyaient que des hommes pouvaient, je ne sais comment, se transformer en Wendigo. Les historiens en avaient conclu à l’époque que ces tribus avaient trouvé le prétexte idéal pour condamner le cannibalisme, tabou absolu chez ces peuples. D’autres ont enregistré divers témoignages qui attestaient de la réalité des Wendigos, alors allez savoir au final.

Man… C’est mortel ça ! S’enthousiasma Ash, qui était reparti dans un de ses délires.

 

Il n’avait omis aucun détail dans son explication, j’en étais scotchée. Je ne me doutais pas que Jessie pouvait en savoir autant sur un sujet tel que celui-ci. Toutefois, je restais sceptique par rapport à cette histoire de Wendigo. En revanche, si mon père conservait ces bouts de papier, cela voulait-il dire qu’il croyait comme d’autres en la véracité de ces légendes, des légendes qu’on raconterait volontiers aux enfants pour les effrayer ?


 

Merci de me lire. Ce n’était pas un récit que j’avais prévu d’écrire en plusieurs parties, mais je me suis laissé emporter par le scénario et les personnages. Haha.

Si vous voulez découvrir ce qu’il va advenir de Kate Donovan et ses amis, je vous donne rendez-vous pour le prochain article, suite directe de cette nouvelle !

Ciao !

 

Puissiez-vous atteindre vos objectifs 😉

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