Nouvelle : Rien que des mots (5)

Salut les Rêveurs !

 

Je sais bien, j’avais dit que la 4ème partie serait la dernière. Mais je n’ai pas pu me résoudre à conclure parce qu’il y avait encore matière à écrire. Ou du moins, je ne voulais pas bâcler la fin, je déteste bâcler mon travail. Ce qui donne du coup un 5ème (et c’est certain cette fois 😎 ) et ultime épisode.

Vous allez enfin savoir comment toute cette histoire va se terminer. La résolution de Gordon lui permettra-t-elle de faire ce qu’il avait presque réussi à faire ? Le retournement de situation qu’il a vécu le soir du match lui a-t-il permis d’y voir plus clair ? Je vous souhaite une bonne lecture !


 

Rien que des mots : 5ème partie

 

Cette année scolaire arrivait bientôt à son terme. Plus que deux jours désormais, et même moins si l’on prend en compte le fait que la moitié de la journée était déjà derrière nous. Demain, en fin d’après-midi, Lily saura si elle a obtenu ce pourquoi elle était venue aux États-Unis et il ne fait pour moi aucun doute qu’elle l’obtiendra. Demain, en fin d’après-midi, le mince espoir qu’il me reste de lui parler à nouveau s’envolera à jamais pour la Nouvelle-Zélande. L’échéance était courte, je devais me dépêcher. Je réfléchissais à la meilleure occasion de la croiser dans un endroit calme, où nous ne serions que tous les deux. Un endroit où je pourrais facilement exprimer ce que je ressens. Pas si simple que ça, de trouver un tel emplacement. Surtout ici, au lycée, lieu des commérages les plus stupides et les plus exagérés.

 

Encore en train de rêvasser, Cyrano ? Me charia Caleb, qui était devenu mon réveil humain.

 

Il posa son sac à dos au pied du banc et s’assit sur le dossier, à mes côtés.

 

Quoi de neuf ?

Tu m’as fait peur, hé ! Râlai-je, manquant de faire une attaque. J’étais dans mes pensées.

Je l’avais bien remarqué. J’ai même cru que ton cerveau avait grillé donc j’ai pris la liberté de te surprendre. Tu m’en veux pas j’espère ? Blagua-t-il en guise de réponse.

Ouais, c’est ça. Fous-toi de ma gueule !

 

La compagnie de mon pote me détendait toujours. Un bon délire et j’étais regonflé à bloc. Pile poil ce qu’il me fallait à l’instant alors que j’étais sur le point de craquer émotionnellement et de m’apitoyer sur mon sort, comme moi seul aie le secret. J’étais sorti de ma dernière épreuve de la matinée et j’avais décidé de me poser sur ce banc, devant le lycée, pour envisager la suite tout en regardant les gens défiler. Être assis sur une chaise durant deux heures et ne rien faire d’autre que répondre à des questions m’avait d’ailleurs permis de décompresser.

Pour être honnête, obtenir ce diplôme ou non m’importait peu. Je n’avais pas vraiment d’idée de quel métier exercer à l’avenir et je ne m’en inquiétais pas plus que cela. Robin, elle, avait déjà tout calculé. En premier lieu, elle aimerait bien sûr réaliser son rêve et devenir une joueuse professionnelle ; et si jamais ça ne marche pas, elle avait décidé qu’elle serait journaliste sportif et rien d’autre ! Il faut dire qu’avec son caractère de cochon, je l’imagine plutôt bien aux commentaires d’une chaîne nationale, à crier ce qu’elle pense sur tous les toits et s’éclater. « Sacrée Robie » me dis-je pendant que Caleb dû s’y reprendre à trois ou quatre fois afin d’allumer sa cigarette. Peut-être le seul défaut notable de mon ami, si l’on considère que fumer est un défaut.

 

Il est naze, ce briquet, déclara-t-il après l’avoir secoué.

Dis Cal… Je t’ai jamais posé la question je crois, mais tu sais ce que tu vas faire plus tard ? Parce que moi, je n’en ai strictement aucune idée, lâchai-je dans un long soupir.

Je ne sais pas trop. J’ai pensé à plusieurs perspectives récemment, mais de là à choisir maintenant… Nan, je dois encore y réfléchir. Tu cogites beaucoup, Gordon. C’est mauvais.

Ouais, je sais. Toi, par contre, t’as pas l’air de t’en faire. C’est normal de se poser des questions sur son futur !

Je te dis pas le contraire, accorda-t-il. Mais toi mon pote, tu vas finir par te griller les neurones. Relax ! Une chose à la fois.

 

Il prit une grosse taffe et me regardait de manière victorieuse, comme s’il venait de lire dans mes pensées à l’instant même et qu’il savait à l’avance ce que j’allais lui répondre. Je détestais quand il me faisait ce coup-là parce qu’il avait raison la plupart du temps, ce fourbe ! Et cette fois-ci n’échappait pas à la règle : j’avais beau  sur ma condition, sur n’importe quoi en fait, j’en revenais toujours à Lily. Ses plans dans la vie, ce qu’elle ferait à ma place, ses activités préférées, etc. Oui, c’était inévitable.

 

Je me demande ce qu’elle a prévu de faire, elle, m’interrogeai-je sans parvenir à freiner mes fantasmes débordants.

 

Premier baiser, mariage, maison familiale, voyages, enfants… Le film entier de ce que pourrait être notre vie commune, si je n’étais pas aussi peureux et que j’osais la séduire comme je le souhaite depuis longtemps, se déroulait à grande vitesse dans mon esprit.

 

Si tu parles de Lily, elle a prévu de retourner à Hobart. T’as pas oublié quand même ? Répondit Caleb le plus naturellement du monde.

 

Le gaillard avait certes la tête sur les épaules mais son premier degré ne cessera jamais de m’étonner.

 

Je parlais de ce qu’elle avait prévu de faire dans la vie.

Oh ! D’accord. Il me semble qu’elle souhaite devenir rééducatrice, reprit-il.

Ah bon ? Fis-je, déconcerté. Et je peux savoir comment tu sais un truc pareil ?

 

Caleb fit une petite pause, le temps de reprendre une bouffée de sa cigarette, qui avait diminuée de moitié.

 

J’ai entendu ses copines en discuter la dernière fois, m’expliqua-t-il tout simplement. Si t’étais pas autant ailleurs mec, tu l’aurais peut-être su toi aussi.

C’est un beau métier, rééducatrice. Pas très courant mais élégant, relevai-je.

Ouais, et si tu veux pas qu’elle tombe amoureux d’un patient, tu ferais mieux de te dépêcher, intervint une tierce personne dont je reconnaitrais la voix entre mille.

 

Mains dans les poches, bonnet en laine grise sur la tête, mâchant son éternel chewing-gum, Noah venait de nous rejoindre.

 

Hey ! Le saluai-je avec un manque d’ardeur évident.

Puisqu’on en parle Gordon, ajouta Caleb en balançant son mégot, la solution serait peut-être de te casser quelque chose pour qu’elle puisse te « réparer » ensuite ! Tu serais son patient cobaye, tu vois ?

J’avoue, ce serait énorme ! Approuva Cooper.

 

Les deux s’échangèrent un High five et rirent ensemble. Bien que j’apprenais doucement à apprécier Noah, je n’étais pas encore habitué à nous voir tous les trois se comporter comme de vrais potes, comme s’il ne s’était jamais rien passé auparavant. Ironie du sort : Caleb et lui s’entendaient super bien et cela donnait forcément des situations comme celles-ci, où ces enfoirés prennent un malin plaisir à me narguer. Mais je dois dire que notre amitié naissante est tout de même préférable à notre mépris d’antan. Espérons que cela reste de l’histoire ancienne.

 

Merci mais je vais me passer de vos idées à la con, ripostai-je sur un ton plus convainquant.

Ça va, ça va, on déconne.

Sérieusement Brennamann, pourquoi tu l’inviterais pas quelque part avant qu’elle s’en aille, me proposa Noah avec une référence que lui seul paraissait comprendre. Genre, je sais pas moi… Le prochain match des Packers, par exemple.

 

Les Packers de Green Bay sont une franchise de foot US, représentant la ville et jouant au plus haut niveau, dans la ligue professionnelle qu’on appelle la NFL. Les « Green and Gold » sont très populaires par ici et il s’agit aussi d’une équipe reconnue dans tous les États fédérés.

 

Euh… Un rendez-vous de sport ? Vraiment ? Je suis pas sûr que ce soit le top.

Le plus important, ce n’est pas le lieu Gordon, assura-t-il. C’est l’attitude que tu vas adopter avec elle qui va faire toute la différence.

Il marque un énorme point, confirma Caleb. Tant que tu la fais rire et que tu lui plais un minimum, ça devrait aller.

 

Parfois, j’avais l’impression que ces deux-là complotaient contre moi, qu’ils diraient n’importe quoi pour me pousser à l’action.

 

Ouais, voilà ! Si Albert a réussi à séduire Allegra, je ne vois pas pourquoi tu n’arriverais pas à séduire Lily. T’as aucun problème de poids en plus, conclut Noah en insistant avec ses références.

 

Caleb et moi le fixions d’un air inquiétant.

 

Ben quoi ? Vous avez jamais vu Hitch ? Se défendit-il.

Puis vient le moment où tu nous insultes de losers, ironisai-je avec grand plaisir.

La ferme, Sanders. En attendant, tu restes un loser tant que tu n’as pas passé un cap avec Lily.

 

Je déglutis. Il avait raison, et je ne savais pas ce qui me terrifiait le plus : le fait qu’il ait effectivement raison ou le fait de devoir agir avant que tout soit fini. L’heure de la dernière épreuve approchait. Noah, qui ne s’était pas assis durant notre discussion, toujours les mains dans les poches et toujours à mâcher son chewing-gum, prit les devants et se dirigea vers l’entrée du lycée. Caleb et moi nous levions à peine quelques secondes plus tard et le suivions de loin, particulièrement pressés que cette journée se termine. Plus que la journée, ce sont les examens qui se terminent. Et ça, c’est cool.

Au soir, à la sortie, je me sentais lessivé. Toute cette pression s’était concentrée en son point culminant ; l’attente des résultats était bien évidemment dans la tête de tous les étudiants, qui se voyaient déjà continuer à l’échelle supérieure. Tous priaient afin que ces fameux résultats soient suffisants, voire encore mieux pour certains, excellents. C’était légèrement différent en ce qui me concerne. Je ne voulais pas décevoir mes parents ainsi que ma famille donc, oui, je voulais obtenir de bons résultats. Mais ça n’allait pas au-delà. Ne sachant pas ce que je ferais ensuite, ils n’avaient finalement pas beaucoup d’importance ni de signification précise à mes yeux.

Alors que je marchai dans le long et large couloir du rez-de-chaussée, une voix féminine m’interpella. Une voix suave, pleine de grâce, électrisante au possible. La voix de Lily Cunningham. Bien sûr, qui d’autre ? Je me retournai en vitesse pour la voir se hâter dans ma direction. Sa petite course faisait voler ses cheveux dans tous les sens, ce qui ne la rendait pas moins mignonne.

 

Attends ! Cria-t-elle alors qu’elle m’avait presque atteint.

 

Était-ce à moi qu’elle s’adressait ? Je n’en étais pas sûr et j’étais de toute manière trop tétanisé pour pouvoir bouger ou dire quoi que ce soit. Allais-je enfin réussir à lui avouer mes sentiments à son égard ? Le moment choisi était propice aux confessions en tout cas. Je m’apprêtais à ouvrir la bouche lorsqu’elle me dépassa sans même me regarder. Je fis volte-face à nouveau et je constatai ma bêtise : ce n’est pas moi qu’elle tentait de rattraper mais sa copine, Heather Cole. Quel idiot. Comment avais-je pu croire, l’espace d’un instant, que Lily voulait me parler. Ce serait un miracle si elle se souvenait de la scène sous l’abribus, sans compter que cela ne m’arrangerait pas tellement. Mais ne dit-on pas que c’est à l’homme de faire le premier pas ? J’avais essayé et ça n’avait pas fonctionné. Il fallait que je retente ma chance, il fallait que je lui dise réellement ce que j’ai sur le cœur, quitte à ce qu’elle rentre chez elle après. Au moins, je serais allé jusqu’au bout, pour une fois. Demain, pendant la remise des diplômes, j’irai la voir. Comme convenu depuis le début !

Le lendemain, au beau milieu de l’après-midi, j’arrivais sur les lieux qui allaient sceller le destin de beaucoup d’entre nous. Pas très en forme, j’avais galéré à trouver le sommeil dont j’avais besoin la veille. Qu’importe mon état de fatigue, je ne reculerais plus. J’étais surmotivé, comme un boxeur lorsqu’il monte sur le ring, prêt à en découdre avec son adversaire. Mon adversaire à moi, c’était cette putain de peur, ce doute assassin. Et j’allais le réduire en miettes.

Les élèves sur place scrutaient le tableau qui affichaient les résultats des examens, à la recherche de leurs propres performances. Les classiques cris de joie fusaient bientôt à travers la foule, tout comme les traditionnels pleurs de ceux qui avaient malheureusement échoués. Pas de surprise pour Caleb, qui figurait parmi les meilleurs, c’est-à-dire dans le haut du classement. Noah, lui, eut un sourire de fierté lorsqu’il fut certain que son nom n’était pas dans les recalés. Cela lui convenait largement. Quant à moi, je repérai enfin mes initiales. J’avais obtenu mon diplôme de peu. Et ça faisait l’affaire également. J’étais plutôt content, surtout quand on sait que je n’étais pas dans mon assiette ces derniers temps. Maintenant, il me restait une chose qu’il me fallait accomplir coûte que coûte.

Je jetai un regard simultané à Caleb et Noah, comme si je leur disais de vive voix : « Ça y est les gars, je fonce ! ». Ils avaient parfaitement compris de quoi il s’agissait et me firent un signe de tête. Leurs encouragements me donnaient la dose de courage supplémentaire qu’il me manquait sans doute pour être tout à fait à l’aise. Je pouvais sentir leur soutien fidèle me porter vers mon objectif. Orné de mon chapeau de cérémonie, je marchais avec assurance, sans une once d’appréhension ou d’anxiété, jusqu’à Lily, sublime dans cette tenue qu’on avait tous revêtue pour l’occasion. Je n’en revenais pas d’être aussi calme dans un moment pareil. J’avais l’agréable sensation de flotter dans les airs, comme si j’étais intouchable. Et puis… Patatras !

Ma soudaine et brève assurance s’était envolée en voyant ce type, plus grand et mieux bâti que moi (c’est souvent le cas), prendre chaleureusement Lily dans ses bras. Elle, avait des étoiles plein les yeux, de sorte que je ne savais pas si c’était dû à l’obtention de son diplôme ou à l’arrivée du prince charmant venu jouer les trouble-fêtes. Mes jambes m’avaient lâché en cours de route, j’étais cloué sur place à présent. Sa façon de lui sourire, le regard qu’ils s’échangeaient en disaient long… J’avais envie de disparaître. Littéralement. Cet obstacle du destin fut pour moi le coup de grâce.

Sans m’attarder plus longtemps, je quittai la scène. Cet amour à sens unique m’avait déchiré et il n’y avait rien que je puisse faire. Ce soir-là, je restais enfermé dans ma chambre et je voulais que personne ne vienne me déranger. Idem pour le lendemain et le jour d’après. Je ne sortais plus de mon trou. Caleb avait bien tenté de m’appeler, de me proposer diverses activités, j’étais plus mort que vivant à ce stade. Mes parents se sentaient impuissants mais, par expérience, ils savaient qu’il fallait laisser faire le temps.

Cela faisait maintenant trois jours que je croupissais dans ma chambre, transformée en dépotoir, trois jours que je me nourrissais à peine et uniquement de biscuits. Quelqu’un frappa perceptiblement à ma porte tout à coup. Très certainement Robin. J’en eus la confirmation lorsqu’elle me délivra un message :

 

Okay, n’ouvre pas si tu veux, pas de souci. Je voulais juste te dire que tes potes t’attendaient en bas et qu’ils ne bougeraient pas à moins que tu sortes. Et que t’es minable aussi. Te mettre dans des états pareils à cause d’une fille, franchement ! Me réprimanda-t-elle.

 

Puis j’entendis ses pas sur le plancher. Elle était partie aussi vite qu’elle était arrivée. Je ne demandais même pas comment elle avait pu savoir pour Lily, ma sœur était assez intelligente pour en tirer ses propres déductions. Je me mis debout et allai observer à la fenêtre. Ils étaient bien là, sous le grand chêne de la maison : Caleb et Noah étaient vraiment venus me chercher. Je ne pouvais pas continuer ainsi alors j’enfilai ma veste en jean et descendais les retrouver.

 

Ça va, on est pas trop bien pour toi ? Blagua Noah, comme à son habitude.

Vous êtes incapables de vous passer de moi, hein ? Exagérai-je à mon tour, heureux de les voir.

On s’arrache mec, m’annonça Caleb. On a un truc à te montrer.

Aie… Avec vous deux, je crains le pire !

J’aurais préféré que ce soit les fesses de Mme Middleton, souffla Noah après avoir éclaté la bulle de son chewing-gum. Mais bon, c’est mieux que ça encore. Pour toi en tout cas !

Sans rire ? Qu’est-ce qui peut être mieux que ça ? Répondis-je en lui assénant une petite tape dans le dos, qui manqua de l’étouffer.

 

Nous nous mettions en route vers l’endroit où ils voulaient m’emmener. Une heure plus tard, j’étais de retour dans le jardin public, celui-là même où j’avais été occupée à suivre Lily durant ma filature improvisée l’autre soir. Cet espace vert était nettement plus joli de jour, on s’y sentait en paix.

 

Vous l’avez fait exprès les gars ? Pourquoi on est ici ? Demandai-je en perdant patience.

Attends, tu vas bientôt avoir la réponse, m’assura Caleb avec un sourire en coin.

 

Mon cœur s’emballa rapidement. Qu’est-ce qu’ils mijotaient ? J’aurais presque eu envie de faire demi-tour et de rentrer chez moi. Se pourrait-il que… Non, impossible. Elle était déjà repartie. Puis, je commençai à distinguer une forme qui s’avançait vers nous. Une forme féminine. Après quelques mètres de plus, il s’agissait clairement de Heather Cole, l’amie de Lily. On pouvait la reconnaître à sa teinture bleue turquoise.

 

Salut Gordon ! Dit-elle.

Salut Heather, répondis-je. Qu’est-ce qui t’amènes ?

Vas-y, l’exhorta Caleb tandis que Noah faisait grossir ses bulles les unes après les autres. Explique-lui !

—  Bon, je ne vais pas passer par quatre chemins, amorça-t-elle. Je ne sais pas si tu l’avais remarqué mais Lily t’aime bien.

 

Cette révélation eut l’effet d’un boulet de canon qu’on tirait dans mon estomac à bout portant. Le choc d’entendre ça, surtout venant d’Heather !

 

Elle aurait voulu te parler, tout ça, mais elle est beaucoup trop timide pour oser faire quelque chose. Et Dieu sait que je l’ai poussée.

 

Noah fit une moue qui indiquait qu’ils avaient également essayé de leur côté et qu’ils compatissaient. Moi, j’encaissais les mots comme ils venaient. J’étais sur le cul.

 

Bref, elle m’a chargée de te remettre une lettre, qu’elle a écrite personnellement avant son départ, acheva-t-elle en me tendant ladite lettre. Je voulais te la donner à la remise des diplômes mais t’avais disparu à ce moment-là, et Caleb m’a demandé de te la donner en mains propres.

 

Je regardai mon meilleur ami et lui rendit un regard qui le remerciait mille fois. Il me fit un clin d’œil complice, comme pour me dire « t’inquiètes, c’est normal ». Je pouvais sentir le parfum fleuri de Lily sur sa lettre. Les événements avaient finalement tournés en ma faveur, c’est dingue ! Après les avoir tous sincèrement remerciés et embrassés, je m’empressais de rentrer pour m’enfermer à nouveau dans ma chambre, refuge par excellence de mes débordements de sentiments. Et je pus lire les mots de Lily tranquillement.

Invraisemblable ! Je me rendis compte que je m’étais trompé sur toute la ligne et à quel point aveugle j’avais été. Nous sommes deux jeunes adultes qui se sont laissés abuser par la peur, paralysés par le risque d’être déçus. Elle a attendu au moins autant que moi que l’on puisse discuter et faire connaissance ! Et le pire, c’est qu’elle a créé des occasions qui n’ont pas abouties : lorsqu’elle a crié après Heather, c’était pour attirer mon attention. Pareil lorsqu’elle a enlacé le prince charmant, qui se trouve en réalité être son grand frère ! C’était pour me rendre jaloux, elle l’avoue dans ce paragraphe. Lire cette lettre tenait du rêve éveillé pour moi, mais c’était aussi un cauchemar quand on sait qu’il est trop tard désormais… J’enrageais intérieurement, j’avais envie d’exploser et de hurler.

Et avant que je ne me décide à tout faire voler à travers la pièce, une illumination stoppa mon élan furieux. « Hé, mais attends un peu Gordon… Qui a dit qu’il était trop tard ?! »

 

Ce retournement de situation m’avait ouvert les yeux. Plus jamais je ne gâcherais une occasion d’oser faire ce que j’ai envie de faire, peu importe ce qu’en pensent les autres. Je vivrais ma vie comme je l’entends à partir d’aujourd’hui et rien ni personne ne m’en empêcherait. Même s’il s’agissait de simples coups de tête. J’allumais donc mon pc portable et commandais deux billets d’avion à destination de Hobart : un pour moi bien sûr et un pour Caleb. Après tout, sans lui, je n’en serais pas là.

« Attends moi, Lily » pensai-je, déterminé à la rejoindre et à lui avouer de mes propres mots l’amour que je ressens pour elle. Je me disais qu’elle était trop bien pour un mec comme moi. Mais en réalité, ce sont des fausses idées, des excuses sur lesquelles se basent notre esprit. J’ai compris aujourd’hui que seule l’expérience nous permettait de savoir réellement et de démêler le vrai du faux.


 

Ce qu’il faut retenir de ce récit, c’est que si vous aimez quelqu’un, si vous avez quelque chose à lui dire : ne vous retenez pas, sous aucun prétexte ! L’amour est fait pour briller à la lumière, pas pour pourrir dans l’ombre.

Ne laissez pas passer l’occasion de créer une histoire unique et originale. N’oubliez jamais que nous possédons les clés de notre vie : le destin, c’est ce que nous en faisons chaque jour ! A la poubelle les croyances et les à priori. Ouvrons-nous au monde qui nous entoure.

 

Je vous remercie de m’avoir lu et à la prochaine !

Puissiez-vous atteindre vos objectifs (en amour, n’ayez pas peur) 😉

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